dimanche 18 octobre 2015

Porto et la suite

Suite à un week-end de pluie, nous quittons Castelo de Paiva en longeant le Douro et ses collines parsemées de vignobles en espalier en direction de Porto.

Après avoir considéré diverses options, nous choisissons de nous poser sur un stationnement en bordure du Douro du côté de Villa Gaïa juste en face de Porto. En quelques minutes de marche sur une magnifique promenade surplombant le cours d’eau, nous nous retrouvons en face des caves des célèbres portos. Nous passerons ainsi trois magnifiques journées ensoleillées à parcourir les ruelles pentues de la ville où se côtoient les architectures de  style gothique, baroque et romantique.

Les caves

En face de Porto sur la rive du Douro, où anciennement les barriques de vin étaient débarquées des bateaux à fond plat, le fameux liquide rouge ruby ou parfois blanc et rosé portant le nom de la ville nous est offert par des rabatteurs (sans aucune pression) postés devant l’entrée des caves qui sont en fait les anciens entrepôts où était transformé le vin en porto auparavant. Une technique intéressante a été développée par ces rabatteurs en ce qui concerne les petits transformateurs. Après avoir écouté notre conversation et avoir reconnu facilement l’accent québécois (l’expérience aidant), la technique d’approche porte sur le fait que la SAQ (Société des Alcools du Québec) , en raison de ses exigences trop élevées, n’importe pas les produits de ces petits producteurs. Ainsi, ils nous offrent l’unique chance de déguster leur produit sur place avant notre retour à la maison. Le seul problème est que nous retrouvons leur produit chez les revendeurs portugais et même en grande surface à un prix bien meilleur! Évidemment, l’atmosphère feutrée et l’odeur de vinification accumulée depuis des siècles en moins. Une impression d’attrape touriste.

Un emblème de la ville

Le pont métallique Luis 1er fut achevé en 1886. Ce pont à double palier est notre porte d’entrée dans la ville de Porto depuis les caves situées sur la rive opposée. C’est également la marque de commerce touristique de la ville. Le palier du bas est consacré à la circulation automobile tandis que le palier du haut permet le passage des piétons et des rames du métro. La traversée du Douro à une hauteur de 70 mètres est en soi une expérience touristique intéressante offrant une vue spectaculaire sur les deux rives du fleuve.

La rua das Flores

Au XVIIIe, cette rue piétonnière était habitée et fréquentée par la bourgeoisie de la ville. Bien que certaines façades aient été restaurées, de nombreux édifices sont abandonnés de leurs occupants à l’exception de certains locaux commerciaux au rez-de-chaussée.


C’est en parcourant la rue depuis l’église de la Miséricorde et son hôpital, depuis transformé en musée, que nous avons découvert quelques boutiques ayant survécu au passage du temps. Ainsi, juste en face du musée nous avons visité l’antre d’une famille d’antiquaires spécialisée en livres anciens qui tiennent boutique au même endroit depuis plus de 80 ans. Un peu plus haut dans la rue, sur invitation d’un serveur, nous sommes entrés dans un salon de thé dont le décor incluant le mobilier n’a pas été retouché depuis le XIXe. Un vrai passage dans le temps nous rappelant certains cafés d’Istanbul ou de Vienne. Malheureusement, tout semble dans un tel état de laisser-aller, qu’il faudra sans doute encore peu de temps avant que ce décor victorien ne disparaisse sous la poussière et l’usure.

Du gothique au baroque

La ville recèle de nombreux immeubles religieux et civils représentant admirablement bien son évolution dans le temps. La cathédrale de style gothique avec son cloître superbement bien restauré domine la vieille ville où les églises, cloîtres et hôpitaux rivalisent les uns avec les autres dans des orgies de dorures et parures de style baroque datant des XVIIe et XVIIIe. Un délice pour les amateurs d’art et d’architecture que nous sommes.
C’est au terme de trois jours de visite où nos mollets n’y ont pas échappés à raison de plusieurs kilomètres de pentes chaque jour, que nous nous sommes dirigé en bord de mer à Païva de Mira.

Avero

Presque tous les pays européens ont leur petite Venise. Au Portugal, c'est Avero.

Charmante petite ville traversée par des canaux permettant d'accéder à la mer depuis le XIXe.

Praia de Mira

Ancien port de pêche artisanale reconvertie en station balnéaire, les pêcheurs résistent.

En effet, la caractéristique de la pêche ici porte sur l’usage d’immenses filets qui sont portés au large dans des barques traditionnelles puis remorqués sur la plage à l’aide de tracteurs.

Il n’y a pas si longtemps, les pêcheurs utilisaient des boeufs pour haler les filets à terre avec leur prise. Malheureusement, la mer étant trop forte depuis notre arrivée, nous n’avons pu assister à l’opération.

Notre prochaine destination sera Coimbra, ville universitaire depuis le XIVe.

Bonne semaine à toutes et à tous.

lundi 12 octobre 2015

Olá Portugal

Viana de Castelo au pied du pont Eiffel (1887)
Nous avons quitté Santiago de Compostela en direction du sud par une matinée froide. Il est grand temps que nous retrouvions le climat maritime de la côte du Portugal. Il est étonnant de rencontrer autant de marcheurs montant en direction de Compostelle depuis le Portugal. Nous avions l’impression que les routes des pèlerins se dirigeaient toutes de l’est vers l’ouest, mais tel n’est pas le cas. Tous les chemins mènent à Rome, il semble en être de même pour Compostelle!

À partir de Santiago nous avons suivi la N530 pour finalement apercevoir l’Atlantique à Pontevedra. Déjà ici le climat est différent. Il y a de magnifiques palmiers devant les résidences et des vignobles meublent le paysage des deux côtés de la route. Nous contournons la ville de Vigo sans grands intérêts à l’exception d’être le plus grand port de pêche hauturière d’Espagne. Nous nous sommes finalement posés à Viana de Castelo au pied du pont Eiffel (1887) sur le port à quelques centaines de mètres de la vieille ville où se déroule une fête agrémentée d’orchestres, de groupe de chanteuses traditionnelles et d’une brocante dans un magnifique parc. Nous sommes maintenant au Portugal.


Au total nous passerons trois jours sur place à attendre que les vents et la pluie se calment. Nous sommes en pleine saison des grandes marées et des tempêtes d’automne et le camping-car est soumis à rude épreuve pendant la nuit sous des vents extrêmement violents. Finalement, le soleil est timidement réapparu mardi matin. Ce n’est pas la première fois que nous sommes ainsi immobilisé dans notre maison roulante en raison des conditions atmosphériques depuis que nous voyageons en Europe. À chaque fois, nous éprouvons le même bien-être résultant de l’occasion qui nous est offerte de nous replonger dans nos lectures favorites, lire les éditions passées du journal LaPresse sur le iPad de Chantal, prendre un thé en écoutant la pluie tombée, préparer nos prochaines étapes, carte et guide à la main, ou tout simplement rêvasser. Il est nécessaire de faire ce genre de pose périodiquement pour nous, voyageurs au long court.

Rapidement, nous constatons que le Portugal, qui somme toute est un pays relativement petit, doit être abordé avec beaucoup de douceur et sans précipitation, car il recèle d’innombrables trésors architecturaux et historiques logés dans des coins inattendus le long de notre route. C’est pourquoi, à la suggestion de camping-caristes expérimentés (voir «Solidarité» ci-dessous) au Portugal, nous avons prévu de courtes étapes pour les prochains jours.

Barcelos

Cette ville recèle un quartier historique médiéval avec de superbes maisons aux façades colorées de tuiles et surtout de magnifiques églises dont l’intérieur est typiquement recouvert de tuiles azulejo représentant des scènes religieuses et de retables de style baroque aux dorures clinquantes. Ces tuiles de bleu cobalt et blanc étaient très populaires au VXIIIe et nous révèlent, comme le ferait une bande dessinée, des portions de vie des habitants de cette époque.



En visitant ces églises, nous constatons également que les Portugais sont très religieux et fréquentent en grand nombre leurs temples religieux. Presque à chaque visite se déroule une cérémonie religieuse souvent à midi et en fin d’après-midi.

Barcelos est également réputé pour son marché aux puces qui se veut le plus grand du Portugal tous les jeudis. Heureusement, une partie assez importante du marché est consacrée aux agriculteurs et producteurs de la région. Ainsi nous pouvions acheter un coq, un canard ou encore une caille vivants. De magnifiques fleurs de saison et des légumes variés. Sinon, les autres articles sont semblables aux marchés ailleurs en Europe et même à ceux de Floride, la pression en moins.
























Braga



Le Guide Bleu du Portugal(merci à Danielle A.) nous indiquait de faire une halte à Braga identifiée comme étant une ville très intéressante à visiter. Malgré qu’il n’y ait pas d’aire de stationnement où il est possible de passer la nuit dans la ville, nous n’avons pas regretté notre halte de plus de trois heures. Le centre-ville piétonnier est absolument charmant. La cathédrale de style gothique remaniée à l’époque baroque trône au milieu du centre historique parmi de nombreuses églises rivalisant en raison de leurs dorures ainsi que la quantité de reliques exposées.

Un art décoratif bien particulier est également utilisé pour agrémenter les espaces publics, soit celui des immenses parterres fleuris.





Bom Jesus do Monte (Braga)

À quelques kilomètres de Braga, sur la colline, se trouve la basilique de Bom Jesus do Monte. La caractéristique de ce temple niché au sommet d’une colline est son escalier de près de mille marches agrémenté de somptueuses chapelles remémorant les douze stations du chemin de croix. Un stationnement à la base de l’escalier nous a permis d’y passer la nuit et un service d’autobus reliant Braga en vingt minutes nous a donné la possibilité de visiter la ville faute d’y trouver un stationnement adéquat.
Pour accéder au sanctuaire, il est possible de prendre un ascenseur à eau ou monter en voiture ou encore monter à pied. Nous avons choisi de monter avec le camping-car. Le site est vraiment exceptionnel et domine la ville de Braga d’un coup d’oeil. Nous avons vraiment apprécié notre visite.

Guimarães


Encore une fois, c’est grâce au Guide Bleu que nous avons fait une halte à Guimarães.  Dominée par les ruines d’une forteresse du XIe , la ville recèle un centre historique des plus intéressants. Nous avons déambulé  dans les petites «rua», d’une «praça» (place) à une autre, en admirant les façades des maisons datant de l’époque médiévale pour certaines et de l’époque baroque pour d’autres. Comme nous étions samedi, nous avons eu le privilège d’assister à deux mariages célébrés dans deux églises différentes. Ce n’est vraiment pas les églises qui manquent au Portugal! Une caractéristique intéressante est le nombre de petites chapelles du XVIIIe siècle dispersées partout dans la ville  représentant chacune une scène du chemin de croix.

Solidarité

Sans vouloir généraliser, il s’est développé au sein des usagers du camping-car une certaine forme de solidarité qui s’exprime de différentes manières. Il est d’usage, comme les motocyclistes, de se saluer de la main lorsque nous nous croisons sur la route. Une forme de code s’est également développée en ce qui concerne le stationnement dans les aires de camping-car de manière à laisser un maximum d’espace pour les prochains arrivants désirant venir bivouaquer pour la nuit. Évidemment, il y a toujours les exceptions qui volontairement ou par manque d’expérience ne respectent rien ni personne, mais de manière générale, la communauté demeure relativement solidaire.

Cette semaine à Viana do Castelo, nous avons fait la connaissance de Jacqueline et Marcel qui habitent le nord de la France et qui voyagent au Portugal depuis quelques années. Constatant que nous étions étrangers et surtout sans expérience du Portugal ils se sont empressés de nous fournir un grand nombre d’informations sur les lieux à visiter sans fautes et sur les sites où nous pourrons stationner et éventuellement vidanger, et s’approvisionner en eau. C’est d’ailleurs grâce à eux si nous avons fait une halte à Barcelos pour y visiter l’immense marché aux puces. Merci à Jacqueline et Marcel, mais aussi, merci à tous ces sympathiques camping-caristes que nous avons rencontrés depuis quelques années, qui à chaque fois nous ont fait bénéficier de leur expérience et de leur connaissance de certaines régions, leur seul but étant de venir en aide à des collègues voyageurs québécois.

Camping-car

Jusqu’à maintenant, il est assez facile de trouver des stationnements où passer la nuit, mais les aires de service pour camping-cars sont peu nombreuses dans le nord du Portugal. Il faut vraiment rivaliser d’ingéniosité pour vidanger la cassette et les eaux grises tout en respectant l’environnement. Il est plus facile de s’approvisionner en eau grâce aux nombreuses fontaines publiques et éventuellement aux robinets dans les cimetières. Il faut donc faire parfois certains compromis sur notre itinéraire et faire certains détours permettant de vidanger et de faire le plein d’eau. C’est ce que nous avons fait à Castelo de Paiva dans la vallée du Douro avant de nous rendre à Porto où il ne semble y avoir aucun site pouvant nous accueillir à proximité de la ville.

À suivre la semaine prochaine….
Bonne semaine à toutes et à tous.

samedi 3 octobre 2015

La route de Compostelle

Dimanche dernier, afin de marquer le jour de notre départ, Bilbao nous a offert une matinée de brouillard intense. L’aire de camping-car ressemblait vraiment à un décor londonien de l’époque où Sherlok Holmes enquêtait sur des meurtres en série. Heureusement, dès que nous avons pris la route maritime en direction de Santander et de Gijón le brouillard s’est levé et a fait place à un magnifique soleil. Entre mer et montagne, la route sillonne à travers les vallées oscillant entre tunnels et viaducs à l’architecture étonnante. Un ravissement pour les yeux.

Nous avons fait halte dans la ville de Gijón qui met à disposition une aire de camping-car à proximité de son port maritime. Une ville sans trop de charme ni d’histoire qui a comme principal attrait d’être située en bord de mer.

Au-delà de la découverte de la région du nord de l’Espagne sur la route du Portugal, notre but premier était de découvrir les principales haltes du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. C’est pourquoi nous nous sommes dirigés vers  le sud à Leon pour y rencontrer nos premiers pèlerins autour de la cathédrale.

Leon

Son centre historique est dominé par sa magnifique cathédrale sise sur les vestiges d’une cité romaine. Ce bâtiment du pur style gothique a été restauré selon les meilleures connaissances de l’époque médiévale. Nous y avons admiré des centaines de vitraux d’origine aux couleurs étincelantes datant du XIIe et XIVe siècle. Comme dans la plupart des villes importantes, de nombreux édifices religieux environnent la cathédrale. Les pèlerins se donnent rendez-vous sur la plaza face au portique principal. Une atmosphère bien spéciale se dégage du lot des visiteurs qui se partagent entre touristes et pèlerins sac au dos.

Astorga



Ayant rattrapé le chemin de Compostelle, nous nous sommes dirigés vers Astorga, ville réputée également pour sa cathédrale et son palais épiscopal dessiné par le célèbre architecte Gaudí au début du XXe siècle.
Au fil des siècles, les édifices religieux anciens ont souvent été remis au goût du jour. Ce fut particulièrement au XVIIe et XVIIIe siècle au faîte de l’art baroque. Dorures et enluminures furent ajoutées sans mesure selon les exigences du moment. Ces parures et l’implantation de magnifiques coeurs au centre des édifices ont souvent bloqué les perspectives majestueuses de ces édifices aux lignes élancées. C’est le cas ici.

Contrairement à la cathédrale de Léon où les architectes du XIXe ont eu l’intelligence pour redonner à l’édifice son apparence d’origine en démontant l’immense retable de style baroque, ici tout est demeuré en place, camouflant aux visiteurs les perspectives devant être celles du pur style gothique.

Le palais épiscopal dessiné par Gaudí a fait un tel scandale à l’époque, que l’édifice a été abandonné par l’évêché et transformé en musée en mémoire de son architecte.

Ponferrada

La route d’accès à Ponferrada est montagneuse. Les Romains déjà exploitaient des mines d’or et de charbon dans la région. La terre est rouge. Les templiers y ont construit un château fort toujours présent. Une bibliothèque et un centre de recherche dédié aux manuscrits du moyen-âge y sont implantés. Un lieu d’hébergement des pèlerins depuis le XIIe siècle, la commune possède une auberge de 200 places pour les marcheurs d’aujourd’hui. L’aire de camping-car est contiguë à l’auberge, ce qui nous a permis d’observer l’arrivée des pèlerins complètement épuisés en fin de journée, mais pour la plupart, le sourire aux lèvres.

Villafranca-del Bierzo

Autre étape sur le chemin de Santiago, Villafranca est toujours parsemé d’édifices religieux monumentaux compte-tenu de la dimension de la ville.Un château, toujours en partie habité domine la ville à proximité de l’auberge qui accueille les pèlerins. La ville est entièrement construit en pente avec de nombreuses petites rues convergents vers la place centrale. Des vignobles parcours le pentes environnantes. Un feu semble avoir, assez récemment, ravagé tout un pan de la colline bordant la ville. Depuis quelques jours, il fait très froid la nuit et au petit matin. Le soleil ne se lève jamais avant 7h30 et il fait 7 ou 8 degrés à cette heure. heureusement, le soleil réchauffe rapidement l’atmosphère et la température atteint 26º C en après-midi.

Santiago de Compostela 

La destination ultime de tous ces marcheurs et cyclistes est Sain-Jacques-de-Compostelle. À son approche, la ville est très moderne avec son réseau de routes et d’autoroutes, ses constructions récentes et ses centres commerciaux. Il faut rejoindre la vieille ville pour se plonger dans l’atmosphère du pèlerinage et rencontrer les centaines de pèlerins qui terminent leur marche sur le parvis de l’église devant la gigantesque place «do Obradoiro».

La cathédrale dont la construction débuta en 1074 est impressionnante par ses dimensions, mais aussi en raison de son maître hôtel gigantesque de style baroque et de ses nombreuses chapelles entourant le coeur. La façade de l’édifice de style baroque est flanquée de deux immenses clochers en plus d’une tour surmontée d’une horloge, le tout encadré d’un côté par un cloître et de l’autre par le palais épiscopal.

Le sublime aurait été sans doute de loger à l’hôtel de los Reyes Católicos (5 étoiles) face à la cathédrale, malheureusement il n’acceptait pas les camping-cars dans sa cour!

Malheureusement, nous ne pouvons vous présenter de photos de Villefranche et de Santiago, car j’ai perdu toutes les photos par une erreur de manipulation lors du transfert sur mon ordinateur. Il vous reste à consulter les sites internet pour ces deux destinations.

Rencontre

Lors de notre passage à Gijón dimanche dernier, la ville était au repos comme toute l’Espagne le dimanche. En faisant une marche, nous avons croisé un jeune homme qui poussait un curieux chariot, mi-carrosse pour bébé, mi-coffre de voyage. Le marcheur se nomme Charlie Uldahl Christensen. Il est originaire du Danemark d’où il est parti à pieds il y a quatre mois. Son périple doit se poursuivre sur une période de trois ans. Il marche pour défendre une cause, soit la protection de l’eau. En fait, il réalise un pèlerinage dans un but philanthropique. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter www.walkingforwater.dk

Voici les coordonnées de Charlie :
www.facebook.com/Charlieswalkforwater
charlieuc@live.dk
45 5073 7984

Bonne semaine.

samedi 26 septembre 2015

Maintenant l'Espagne - San Sebastian et Bilbao

Nous avons profité du bord de mer à Anglet pendant quelques jours. Le temps ayant alterné entre magnifique soleil et coup de vents accompagnés de pluies importantes. Quel plaisir de respirer l’air marin à pleins poumons!

C’est donc un peu à regret que nous avons quitté Anglet, pour nous diriger vers l’Espagne en début de semaine.

San Sebastian

Premier arrêt à San Sebastian, exceptionnel centre balnéaire situé autour d’une baie magnifique protégée de la houle de l’Atlantique par de petites îles situées à proximité. Cette magnifique ville a atteint sa renommée à la fin du XIXe siècle lorsque la reine Marie Christine de Hasbourg y fit construire sa résidence d’été. Encore aujourd’hui, l’aristocratie espagnole y séjourne, à preuve les nombreuses boutiques de luxe établies dans le quartier commerciale. Un lieu vraiment magique qui donne le goût de s’y établir.

Quel contraste avec le côté français du Pays basque ! Outre la langue, tout y est différent.
L’architecture, l’aménagement urbain et les habitudes de la vie quotidienne. Ici nous déjeunons à 15h et dînons à 22h.

Nous avons été charmés par le cadre du paysage maritime entouré de montagnes, l’aménagement urbain et surtout de la verdure omniprésente et de la propreté des rues et des lieux publics. De plus, à cette époque de l’année nous avons eu droit au tapis rouge du festival des films du monde qui se tient chaque année depuis 1953.

Des pistes cyclables sont aménagées le long des principales artères et un service de transport en commun efficace est disponible commodément. L’aire de camping-car étant à proximité de l’université, il a été très facile de joindre le centre de la ville et le quartier historique avec les nombreux circuits d’autobus offerts à proximité. De plus, nous y sommes retournés en marchant trois kilomètres, dont la principale partie du trajet se réalise sur la magnifique promenade de marbre surplombant la baie. Il est aisé d’imaginer le décor un peu victorien à l’époque de la reine Marie Christine de Hasbourg. L'architecture moderne y a également pris racine, principalement dans le quartier universitaire.. Quelle belle ville!


Nous reprenons la route en direction de Bilbao. La ville étant située le long de cours d’eau au creux de falaises élevées, notre GPS nous a conduits dans la montagne à la recherche de l’aire de camping-car où passer la nuit. Quelle surprise de découvrir le magnifique panorama surplombant la ville offert à partir de l’aire municipale, mi-urbaine, mi-campagne ! Sûrement un des plus  beaux emplacements que nous ayons eu la chance de fréquenter jusqu’à maintenant, et ce, malgré son prix surprenant (15 euros).

Bilbao

Ancienne gare de trains
Bilbao c’est avant tout le musée Guggenheim, mais pas seulement. L’autobus qui nous a amenés au centre-ville depuis les montagnes nous a laissés au bord de la rivière juste à l’entrée de la vieille ville. Les bords de rivières aménagés en large promenade nous ont conduits jusqu’au musée situé dans la partie moderne de la ville. Au plan architectural, c’est vraiment hors du commun. En fait, le bâtiment n’est que courbes et reflets de la lumière sur des panneaux semblables au titane. De l’intérieur, son immense atrium de verre nous laisse découvrir chacun des étages et chacune des salles reliées entre elles par des passerelles créant ainsi une atmosphère de fourmilière.

Des oeuvres permanentes appartenant à la fondation Guggenheim (New York, Venise et Bilbao) sont exposées autour du bâtiment. Les oeuvres proposées  en exposition temporaire cette année sont celles de Jeff Koons et de Jean-Michel Basquia, deux artistes américains.

Cependant, Bilbao c’est aussi ce contraste entre l’ancien et le moderne. Une vieille ville débordant d’activités avec ses ruelles aux maisons dotées de galeries couvertes et de bars à tapas appelées «pintxos» au Pays basque et une cité ultramoderne avec ses édifices de verre à l’architecture originale et son tram sillonnant autant la partie moderne, le centre commerçant que les abords de la veille ville. Une ville grouillante, bruyante et dont la majorité de la population habite les collines environnantes. Peut-être en raison des trop grands contrastes, il nous est très difficile de qualifier cette ville de belle. Elle est plutôt surprenante.

Art moderne et contemporain


Au risque de créer la controverse au sein de mes lecteurs, je dois cependant dire que les expositions Koons et Basquia que nous avons visitées au musée Guggenheim ne nous ont pas enthousiasmées malgré leur gigantisme et le cadre dans lequel elles se tiennent.

Il faut dire que j’ai toujours eu énormément de réserves concernant cette forme d’art. Je respecte ceux et celles qui s’enthousiasment à la vue de graffitis ou de Mickey Mouse en verre, qui atteignent des prix inimaginables sur les marchés de New York ou de Venise, mais je n’arrive pas à m’ouvrir à cet aspect de deuxième ou troisième niveau qui donnerait son vrai sens à ces oeuvres, même avec un audioguide explicatif.

Je continue à penser que le succès de ces artistes est attribuable à une certaine faction de la société qui a la capacité de débourser des millions en misant sur la plus-value éventuelle de l’artiste et d’une autre faction, qui aspirant à la richesse et au pouvoir, porte une attention déraisonné à ces artistes qui deviennent des vedettes de la chose.

Je sais que l’on me traitera de passéiste, mais je préfère consacrer mon temps à l’étude et à la contemplation des oeuvres anciennes et conventionnelles  nécessitant un talent et une maîtrise du dessein et de la couleur, depuis le XIIe jusqu’à maintenant.

Carnet camping-car

Voyager en camping-car nécessite une certaine discipline et surtout de consacrer du temps à la logistique. Entretien du véhicule, vidange et plein d’eau, épicerie, cuisine, planification des étapes, recherche des aires de stationnement, sont autant d’activités requérant temps et efforts. C’est pourquoi nous nous donnons deux conditions essentielles pour apprécier cette forme de voyage. La première, c’est d’avoir le temps. Si nous n’avions que trois semaines de vacances avec un itinéraire et un programme de visites chargé, la partie consacrée à la logistique serait sans doute un fardeau. Pour notre part, comme nous voyageons à long terme, nous réservons des poses (des vacances de vacances!) nous permettant de réaliser les tâches d’entretien obligatoire et de prendre du repos nécessaire à la suite de plusieurs jours de déplacement et de visites de villes et de lieux historiques nécessitant la plupart du temps beaucoup de marche. J’ai entre autres toujours considéré la visite de musées comme un sport quasi extrême pour les jambes, les pieds et le dos.

À très bientôt.

dimanche 20 septembre 2015

Cyrano de Bergerac au Pays basque

À Lourdes, après avoir visité le château qui est en fait un musée d’ethnologie des Pyrénées fondé par deux passionnés, Louis et Margalide Le Bondidier en 1921, visite que nous vous recommandons, nous avons pris la direction du Pays basque. Bien involontairement, notre GPS nous a guidés vers une route de montagne qui s’est avérée une route d’alpage. Nous sommes montés jusqu’à 1000 m à travers les moutons, les taureaux et les chevaux en libertés sur une route à peine assez large pour permettre le passage du camping-car. Au secours Chantal! 

Le Pays basque

Quelques heures de route plus loin, nous nous sommes finalement posés à St-Jean-Pied de Port, point de passage millénaire du chemin de Compostelle en direction de l’Espagne. Nous nous y étions arrêtés en 2012, rien n’a changé! Il est quand même impressionnant de voir toutes ces personnes de toute nationalité et de tout âge sac au dos qui s’inscrivent à l’accueil des pèlerins au 39 rue de la Citadelle avant de regagner l’un des nombreux gîtes accueillant les pèlerins depuis plus de mille ans. Le marché regroupe des producteurs de la région qui nous présentent les produits typiques basques, dont les fromages de brebis et les saucissons aux variantes  infinies de goût et de saveur. Un régal pour les yeux et les papilles. Un mélange équilibré entre le traditionnel et le touristique.

Nouvel arrêt à Combo-les-Bains, une station thermale très populaire depuis le XIXe siècle. Cependant, ce qui caractérise vraiment la ville est Arnaga, le domaine créé par le grand dramaturge Edmond Rostand au début du XXe siècle. Le créateur de Cyrano de Bergerac a en effet décidé de s’installer près de la ville en 1900 et d’y investir ses droits d’auteur (une fortune) afin d’y implanter une immense maison basque, des dépendances et surtout un jardin à la française calqué sur les jardins de Versailles. Aujourd’hui, propriété de la commune, les jardins sont toujours impressionnants et valent le détour. Nous rencontrons Francine et André des campings-caristes québécois qui vivent à plein temps dans leur camping-car.

Le temps nuageux et frais des derniers jours nous a donné envie de gagner le bord de mer. Nous connaissions déjà notre point de chute à Anglet à mi-chemin entre Bayonne et Biarritz pour y avoir déjà passé quelques jours en 2012.

Biarritz, la belle! Fin XIXe, déjà la grande bourgeoisie se donnait rendez-vous l’été sur les plages. L’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III y a même fait construire un palais qui est aujourd’hui un splendide hôtel en bord de mer. Mais c’est surtout les grandes maisons au style architectural indescriptible construites pendant les années folles (1920-1929) par de riches industriels et des familles russes fuyant la révolution, qui font de Biarritz une ville vraiment différente.

Bayonne, une ville située au confluent de deux rivières et à quelques encablures de la mer. Son centre avec sa magnifique cathédrale nous surprend en raison de son style architectural basque typique. Par ce samedi, journée de marché, nous prenons la pleine mesure de la vie bayonnaise avec ses multiples terrasses en bord de rivière accueillant les promeneurs à l’heure de l’apéro et où tout ferme à 12h30 jusqu’à 15h pour le repas et la sieste.

Un peu d’ethnologie

Lorsque l’on voyage pendant de longues périodes dans un pays ou sur un continent comme nous le faisons, nous sommes en mesure d’observer les populations que nous côtoyons et de noter les différences notables à propos de nos propres comportements à la maison.

Ainsi, nous nous rendons fréquemment dans les grandes surfaces pour nous réapprovisionner puisque nous cuisinons quotidiennement nos repas à bord du camping-car. Voici donc une observation faite aux caisses de ces grandes surfaces. Généralement, la caissière vous jette un coup d’oeil distrait et dit bonjour sans vraiment vous regarder, car elle est déjà à scanner les premiers objets. Tel un robot, chaque objet est manipulé avec énormément de rapidité et de dextérité. À partir de ce moment, une atmosphère de compétition s’enclenche. Le but est de traiter le maximum d’objets dans un minimum de temps (selon les standards de la chaîne). Il n’y a pas de préposé à l’emballage, donc le client doit lui-même emballer ses provisions dans son ou ses sacs, et ce au même rythme que celui de la caissière assise devant sa numérisation. Aussitôt le dernier article traité, le total est annoncé et s’amorce la période d’attente permettant au client de payer en argent, avec sa carte bleue ou même parfois par chèque. Les clients suivants qui ont déjà déposé leurs objets sur le tapis roulant commencent déjà à s’impatienter. Dès que la monnaie est rendue, la caissière, après avoir distraitement dit bonjour au client suivant commence à scanner et à pousser vos objets sur un petit bout de comptoir à peine assez grand pour y déposer votre sac à provisions. J’ai toujours l’impression en ressortant de ces magasins d’avoir subi une hausse subite de stress non souhaité. Quelle différence à la maison où à mon épicerie locale la caissière souriante me reconnaît, échange quelques mots agréables tout en scannant mes achats et me donne tout le temps nécessaire à payer en faisant patienter la cliente suivante par l’échange de quelques paroles agréables !

Ainsi, je constate que dans la grande distribution en Europe, les hyper structures avec leurs mécanismes de contrôle extrêmement sophistiqués ont complètement déshumanisé le lien avec le client en employant du personnel à la clientèle dont le rôle devrait être d’être ambassadrices de la marque, mais qui au contraire nous apparaît complètement désabusé. Je dois, une fois n’est pas coutume, généraliser mon observation partout où nous avons voyagé à travers la France.

Nous avons l’habitude de nous arrêter dans les McDo pour y obtenir une connexion WiFi gratuite. Dernièrement, nous étions dans un de ces restos tout neufs en bordure de route. Voulant commander un café tout en traitant mon courrier électronique, quelle ne fut pas ma surprise de ne trouver aucune caisse ni caissière derrière le comptoir ! C’est une cliente qui m’avisa de commander et payer mon café à une borne et de me présenter au comptoir pour récupérer mes articles. Voilà comment McDo France semble vouloir régler le problème des caissières désabusées et sans doute de plus en plus difficiles à recruter. Saurons-nous nous prémunir de cette déshumanisation au Québec et au Canada ou sommes-nous condamnés à suivre le modèle américain et européen?

J’espère lire vos commentaires cette semaine.

Le carnet camping-car

Avec cette nouvelle rencontre cette semaine à Combo-les-Bains, notre liste de contacts québécois qui voyagent à bord de leur camping-car en Europe s’allonge.

Il y a Diane et Murray qui étaient en Bretagne récemment, Daniel et Denise qui sont également en Bretagne actuellement, Francine et André qui sont au Pays basque et qui se dirigent vers l’Espagne et nous qui sommes toujours au Pays basque. Un jour, lorsque tous seront revenus au Québec, nous aurions sûrement bien des histoires à nous raconter. Qui sait? Si vous connaissez d’autres voyageurs québécois en camping-car en Europe, vous pouvez m’en informer.


À très bientôt.

dimanche 13 septembre 2015

Du Lot aux Hautes-Pyrénées



Après avoir passé le week-end dernier sur l’aire de camping-car de Saint-Sylvestre en bord de Lot, nous avons repris notre route vers le sud-ouest. Notre premier arrêt devait être Agen (les pruneaux), mais nous avons été incapables de trouver un stationnement pour le camping-car à proximité du centre que nous aurions aimé visiter. Un immense stationnement en bord de Garonne avec plusieurs places libres ne permettait pas d’accéder avec les foutues barres limitées à 2,2 m ! Bien faits pour eux, nous avons passé notre chemin pour découvrir à quelques kilomètres le beau village de Layrac avec son église de style roman qui fut l’église conventionnelle d’un prieuré clunisien fondé en 1064. Le village possède encore plusieurs maisons à pans de bois datant du moyen-âge. Quelques dizaines de kilomètres plus loin nous est apparue la magnifique ville de Lectoure entourée d’un paysage bucolique composé de terres agricoles et de vallons verdoyants dans le Gers. Encore une fois, la ville construite sur un pic qui a l’origine était un podium de l’époque gallo-romaine, la cité fut au moyen-âge la résidence principale des comtes d’Armagnac (comme la liqueur) et pris son essor au XVIIIe siècle en accueillant d’illustres personnages de la bourgeoisie. Témoin sa cathédrale et son évêché, les nombreux hôtels particuliers et son hospice maintenant transformé en une immense brocante. La ville est également une étape sur le chemin de Compostelle. Nous avons rencontré Johanne et Yves de Montréal qui commencent une deuxième étape du chemin pendant les 30 prochains jours en direction de l’Espagne.

Notre étape suivante fut la ville d’Auch avec sa majestueuse cathédrale dominant la ville sur son pic rocheux. Nous y avons entre autres visité une maison moyenâgeuse dite «maison de Henri IV», bien que privée, en parfait état de conservation. Autre particularité de la ville, les nombreuses petites rues extrêmement pentues descendant vers la rivière et ayant comme fonction de retarder l’arrivée des ennemis potentiels et de leurs équipements en direction de la ville fortifiée. Aujourd’hui elles ont comme principale fonction de repousser les touristes remontant depuis les espaces de stationnement en bordure de rivière.

À partir d’Auch, les Pyrénées apparaissent au loin comme fond de décor à la plaine verdoyante et aux champs de tournesols dont les têtes sont tournées vers le sol à cette époque de l’année.

Nous nous sommes finalement posés à Lourdes au pied des montagnes en début de week-end. Il est particulièrement surprenant d’être confronté à ce débordement de religiosité provenant de partout en Europe et aussi d’ailleurs. Il faut constater que, quelle que soit la religion, un grand nombre de personnes sont dépendantes de leurs croyances et probablement grâce à elles trouve la force nécessaire à affronter les vicissitudes de la vie. Enfin, faut-il l’espérer ?

Nous commençons notre entraînement de trekking sur le Jer à quelques kilomètres de Lourdes.

Le carnet camping-car

Depuis notre départ d’Orléans, nous n’avons pas eu à débourser quoi que ce soit pour nos nuitées ni pour les services (vidange et eau), car les communes où nous nous sommes arrêtés ont eu la gentillesse de nous accueillir sur des aires de camping-car pour la majorité très bien aménagées et situées. Ceci devrait changer en bord de mer, nous verrons.

lundi 7 septembre 2015

Une semaine de bastides

Nous avons repris notre route en début de semaine dernière en direction sud-ouest espérant que la santé de Chantal se rétablisse au mieux.

Après avoir traversé la magnifique région de la Sologne avec ses jolies maisons de briques rouges, nous avons fait une halte dans le Périgord. Les villages se succèdent tout au long des routes départementales que nous empruntons systématiquement en évitant au maximum les autoroutes (nationales) et encore plus, les autoroutes payantes. Les routes départementales sillonnent le paysage beaucoup plus verdoyant ici que plus au nord ayant subi les affres d’un été de canicule et de sécheresse.

Rapidement au cours de la semaine nous sommes entrés dans le Lot-et-Garonne (est de Bordeaux), pays de châtaignes et de vignobles. L’accent des habitants est devenu chantant et les sourires se multiplient. Nous sommes maintenant dans la région des bastides (XIIIe siècle) qui, pour la plupart sont situées sur des pics rocheux permettant de mieux défendre la cité, bien que la fonction première de ces bastides était de faciliter le commerce entre les grandes villes. Un ravissement pour les yeux d’amateurs de vieilles pierres et de paysages vallonneux.

Le carnet camping-car

On nous demande souvent comment nous pouvons vivre dans 6m23 plusieurs mois par année. Afin de rassurer les membres de notre famille, nos amis et tous les intéressés, nous avons décidé cette semaine de vous présenter l’intérieur de notre maison sur roues. La présentatrice est Chantal.

À bientôt.