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mardi 1 décembre 2015

L'Algavre

La côte atlantique de l’Alentejan vers le sud est parsemée de belles plages. En matière architecturale, nous remarquons les premiers signes de l’héritage arabo-musulman par la forme des cheminées des maisons ressemblant à de petits minarets. Cependant, le paysage est assez morne, et les sites historiques ou naturels exceptionnels peu fréquents. Nous nous sommes donc rendus jusqu’à Sagres et à Cabo Sâo Vicente, la pointe occidentale extrême de l’Europe, en quelques jours.

Chantal au bout du monde au Cap Saint-Vincent
Nous éprouvons un sentiment bien spécial en regardant l’océan vers l’ouest sur ce bout du monde à partir des mêmes falaises où, sous l’influence de l’Infant Henri le Navigateur, Vasco de Gama partira à la découverte de l’Inde au XVe.

Bien que relativement protégée, la côte depuis Sagres jusqu'à Lagos, devient de plus en plus parsemée de villas et appartements de vacances. Il faut se rendre dans l'arrière-pays afin de retrouver les petits villages à l'architecture traditionnelle. Nous avons entre autres visité la très belle ville de
Forteresse de Silves

Le vieux pont de Silves
Silves avec sa magnifique forteresse érigée à l'origine par les Maures puis réaménagée lors de la reconquête. Jusqu’à Albufeira, les falaises rouge et ocre dominent la mer. Cependant, ces falaises sont dangereusement attaquées par l’érosion provenant des eaux de ruissellement. Des pluies abondantes et inhabituelles en début novembre ont occasionné des dégâts importants dans la région d’Albufeira où nous avons passé quelques jours.

Érosion des falaises sur la côte
Toute la côte semble en dormance, car les complexes hôteliers, les villas et les copropriétés sont vides à cette époque de l’année. Seuls les retraités venus du nord écument la côte en profitant des plages désertes et du soleil toujours présent malgré des nuits fraîches avoisinant les 7 ou 8 degrés Celsius.

Nous profitons de nos derniers jours au Portugal à Vila Real de San Antonio avant de nous diriger vers l’Espagne et Algésiras afin de traverser au Maroc dans quelques jours. Nous avions planifié revisiter l’Andalousie, mais nous manquons de temps (ne riez pas!). Ce sera pour la prochaine fois.

Social

Pour communiquer avec nos voisins camping-caristes la langue est parfois un obstacle. Avec les Français, évidemment pas de problème, avec les Anglais non plus, la plupart des Hollandais parlent anglais. Malheureusement, il est beaucoup plus difficile de communiquer avec les Allemands qui pour la plupart sont unilingues. Ici au Portugal, la langue seconde est habituellement l'anglais bien que plusieurs personnes, surtout les plus âgés, comprennent le français.

Cette semaine, nous avons rencontré un sympathique couple bordelais, Martine et Jean, qui voyagent également avec leur camping-car plusieurs mois par année. Au cours du traditionnel apéro français, ils nous ont renseignés sur le Maroc qu'ils ont eu l'occasion de parcourir en tous sens. Excellent raconteur, Jean nous a également parlé de leur voyage en Turquie, dans les pays nordiques, en Thaïlande, au Vietnam, de leur prochain voyage en Grèce, de l'Italie, de la Croatie et j'en oublie.

Ce genre de rencontre est une réelle richesse pour nous.

Chronique camping-car

Aire de camping-car de PortiMao
Plusieurs aires de camping-car accueillent les voyageurs le long de la mer. Pour des prix variant entre 3 et 10 euros par jour en fonction des services requis (eau, vidange, électricité, WiFi), plusieurs s'installent pour plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Généralement bien situées à proximité des services et des villes, elles offrent le calme et la tranquillité particulièrement à cette époque de l'année.

Nous arrivons au terme de nos bouteilles de gaz françaises. Nous avons pu faire le plein de GPL à Boliqueime chez un fournisseur doté de l’adaptateur nécessaire.

À bientôt.


mercredi 18 novembre 2015

La côte atlantique au sud de Lisbonne

Déjà trois mois et demi que nous sommes en voyage. Il était temps de faire une pause afin de nous permettre de bien digérer tout ce que nous avons vu jusqu’à maintenant et de récupérer physiquement de tous les efforts consacrés quotidiennement à la logistique de notre vie de nomade et de touriste.

Nous avons découvert le coin et le climat idéal à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne sur la côte atlantique. Nous nous sommes donc arrêtés à Porto Covo, un très joli village de villégiature de la région de l’Alentejo, déserté à cette époque de l’année, sauf par les camping-caristes retraités comme nous, qui sillonnent les routes du Portugal en provenance des pays européens du nord,  Allemands, Hollandais, Suédois, Français.

La côte est hachurée et parsemée de petites anses formant autant de plages à marée basse. Partout, il est possible de s’arrêter et de parcourir les sentiers au bord des falaises qui nous offrent des vues plongeantes sur la mer.

Au village, une aire de camping-car a été aménagée par la commune où nous pouvons vidanger et faire le plein d’eau fraîche. De nombreux petits restaurants et boutiques sont ouverts principalement le week-end à cette période de l’année.

L’avantage de la côte ouest est de pouvoir bénéficier de magnifiques couchers de soleil. La température avoisine les 23C le jour et 12 C la nuit, ce qui est parfait et approprié à notre style de vie. Comme nous avons la possibilité de stationner en bord de mer à cette époque de l’année, notre sommeil est bercé par le son des vagues venant se briser sur les falaises au rythme des marées. Que de beaux rêves nous faisons!

P.S. Nous sommes toujours aussi ravis de la gentillesse avec laquelle nous sommes reçus par les Portugais.

Chronique camping-car

Nous avons rencontré un couple hollandais assez original. En effet, monsieur a inventé une douche écologique utilisant un minimum d'eau chauffée par le soleil. Le seul inconvénient, le système s'installe à l'extérieur du véhicule, ce qui implique que le couple doit prendre sa douche dehors. Qu'à cela ne tienne, pour préserver leur intimité, monsieur a également inventé un support à parapluies ! Des personnes charmantes et originales, dont nous avons apprécié la rencontre.

À bientôt!





jeudi 12 novembre 2015

Lisbonne et plus

Près de deux semaines se sont écoulées depuis ma dernière communication. Après avoir toujours été sur les traces des Templiers en début de semaine dernière, nous avons fait un arrêt de plusieurs jours afin de visiter Lisbonne. Évidemment, visiter une grande ville avec ses différents quartiers, ses nombreux monastères et musées, requière beaucoup d’énergie et de longues journées épuisantes. Ceci expliquant mon retard à communiquer.





Alcobaça

Notre troisième et dernière escale sur cette route de la quête du Graal fut le monastère cistercien d’Alcobaça. Une autre extraordinaire construction datant des débuts du royaume du Portugal. L’abbaye fut fondée par l’ordre de saint Bernard de Clairvaux en 1152. Évidemment, du bâtiment original rien ne subsiste ou presque puisque des transformations ont été apportées au cours des siècles. Nous avons particulièrement apprécié les cuisines aménagées au XVIIIe entièrement couvertes de tuiles où trône sur trois étages la plus grande hotte de foyer que nous n’ayons jamais vu. 

Nazaré

De retour sur la côte atlantique, nous prenons une pause à Nazaré, un ancien village de pêcheur maintenant devenu une station balnéaire. Le marché traditionnel qui se tient tous les matins est sûrement un des plus beaux que nous ayons vu jusqu’à maintenant. Les producteurs et les pêcheurs locaux viennent offrir leurs produits aux femmes qui pour la plupart portent toujours leur coiffe traditionnelle composée d’un foulard savamment fiché autour de leurs cheveux. Magnifique spectacle des plus colorés. La question demeure toujours la même. Est-ce la dernière génération à porter ces signes de traditions qui semblent se perdre ?

Lisbonne


Contrairement à notre habitude, nous avons décidé d’établir notre quartier général au camping municipal à partir duquel nous pouvions facilement rejoindre les différents quartiers de la ville grâce à un excellent système de transport en commun composé d’autobus, de trains, de tramways, de funiculaires, d’un réseau de métro souterrain et même d’un ascenseur historique (Santa Justa) permettant de rejoindre la ville haute (bairro alto) depuis le quartier de Baixa.

Je vous épargnerai le récit détaillé des quatre jours de visite que nous avons effectuée pour vous citer que quelques merveilles qui ont attiré prioritairement notre attention.

Le monastère des Jerónimo

Vous avez sans doute retenu de nos descriptions précédentes que l’architecture, l’architecture ancienne et plus particulièrement l’architecture religieuse nous passionnaient. Ici, l’église et son cloître sont à nos souvenirs quelque chose d’exceptionnel et même de jamais vu. L’église comparable à une cathédrale gothique est portée par six colonnes octogonales entièrement sculptées de motifs végétaux. On dit du cloître quant à lui qu’il est sûrement un des plus beaux et peut-être le plus beau du monde. Dans cette église repose Vasco de Gama, grand navigateur portugais qui établit les premiers comptoirs de commerce en Inde au temps de Christophe Colomb.

Le musée des carrosses

Exposés dans des bâtiments tout neufs, ces carrosses sont de véritables oeuvres d’art. Que ce soit pour la monarchie portugaise ou pour les dirigeants de l’église, rien ne pouvait restreindre le luxe de ces véhicules qui devaient représenter le pouvoir et la richesse de leur propriétaire. À voir ces extravagances, on peut comprendre que des révolutions furent fomentées contre la royauté et l’église dans plusieurs pays. À quand la révolution contre la concentration du capital et ses extravagances? diront certains!

La tour de Belém


Il m’était impossible de ne pas mentionner la tour de Belém, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, comme un chef-d’oeuvre architectural. Construite au début du XVIe, cette tour marqua principalement le pouvoir naval du Portugal à cette époque où les marins sillonnaient les mers du monde à la découverte de nouvelles terres. Entièrement restaurée, elle éclate de blancheur en bordure du Tage.






À proximité de la tour, Chantal a trouvé sa nouvelle idée afin d’implanter un réseau de «food trucks» miniatures au Québec!!!

Je passe sous silence, le musée d’art ancien et ses superbes peintures des XIVe et XVe, le musée de l’Azujelos avec ses carreaux décoratifs évoquant la vie quotidienne aux XVIIe et XVIIIe. Une gigantesque fresque illustrant la ville de Lisbonne juste avant le tremblement de terre de 1755 qui détruisit une grande partie de la ville et de ses innombrables édifices religieux a retenu notre attention.

En résumé, Lisbonne est une ville agréable, remplie de surprises et nous sommes convaincus qu’un deuxième séjour prolongé nous permettrait de découvrir beaucoup plus.

Cabo Espichel

Après cinq jours intensifs de ville, nous avons éprouvé un besoin de tranquillité et de grand air. C’est pourquoi nous nous sommes dirigés au Cabo (cap) Espichel. Dès notre arrivée, nous avons ressenti un sentiment de bout du monde. Une petite route sinueuse serpentant pendant quelques dizaines de kilomètres à travers une morne pleine parsemée de petites bourgades nous a menés à un parc national, un phare et un ancien monastère perché sur une falaise dominant les vagues de l’Atlantique. La solitude recherchée nous l’avons trouvée, car nous étions le seul et unique camping-car à passer la nuit dans le stationnement du monastère. Malheureusement, pendant la nuit de jeunes fêtards sont venus parader avec leurs bolides bruyants et pétaradants ce qui a grandement perturbé notre sommeil. Au réveil, sous le soleil levant, nous avons découvert un réel paradis naturel.
De hautes falaises dominant l’océan, le phare et le monastère abandonné sont de véritables havres de paix. Ce site est fréquenté depuis le moyen-âge par des pèlerins venant vénérer la Vierge des pêcheurs. L’église de style baroque a été entièrement restaurée et est encore le rendez-vous des croyants.

Évora

Notre guide bleu nous a suggéré de visiter cette ville située à l’est en direction de l’Espagne. Cette balade d’une centaine de kilomètres nous a permis de traverser une large plaine où l’agriculture domine. Entre vignobles, élevage de boeuf et culture d’arbres fruitiers, une multitude de petits villages ont parsemé notre route jusqu’à cette ancienne ville royale et universitaire qui fut détrônée au moment où les jésuites furent forcés de quitter le pays en 1759. Véritable ville-musée, de nombreuses surprises nous attendent. Un temple romain datant du IIe siècle domine le point le plus haut de la ville. Mais c’est l’ancienne ville avec ses ruelles et ses hautes maisons moyenâgeuses qui donnent vraiment à la ville son cachet si particulier.

Concernant l’aire de camping-car, ce sera un point moins romantique, car nous dormirons deux nuits sur le stationnement d’un supermarché qui offre les services d’eau et de vidange à proximité dans la nouvelle ville.

Social

Source : Monastère Sainte-Catherine, VIe siècle, Sinaï, Égypte
Nous avons croisé une personnalité de la télévision québécoise dans la sacristie d’une église de l’époque baroque à Lisbonne. À vous de deviner de qui il s’agit!


Chronique camping-car

Depuis que nous voyageons dans les divers pays d’Europe, nous n’avons à peu près jamais croisé de camping-cars portugais. Sauf qu’au Portugal ils sont relativement nombreux à sillonner les routes de leur pays, principalement les week-ends. Lors de notre passage sur l’aire de camping-car de Malfra, au nord de Lisbonne, géré par le club de camping-caristes de la région, le président me disait que son club regroupait 350 membres actifs. À la question ; pourquoi ne voyons-nous jamais de camping-car immatriculés au Portugal à l’extérieur du pays? La réponse fut relativement vague. Il s’agit peut-être d’une question de langue ou d’habitude culturelle. Nous trouverons peut-être la réponse avant la fin de notre voyage.

Bonne semaine.

lundi 2 novembre 2015

Sur la trace des Templiers

Nous avons vécu la semaine qui se termine sur la tracee des moines-chevaliers templiers. 

Tomar

L'Ordre du Temple a été officialisé en 1129 par le concile de Troyes, bien que ses origines remontent à la création en 1118 de la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon lors de concile de Naplouse. L'Ordre du Temple crée rapidement de nombreuses commanderies à travers l'Europe pour soutenir son effort en Terre sainte. Ils s'établissent ainsi au Portugal en 1128.

Dom Gualdim Pais, Maître de l'ordre du Temple au Portugal, fit construire le couvent de Tomar en 1160. Le couvent est un hommage au savoir architectural de l’Ordre. L'église octogonale est inspirée du lieu saint musulman du Dôme du rocher à Jérusalem, utilisée par les Templiers comme base arrière pour leurs opérations. Le dôme du rocher est situé sur le mont du Temple, où se situait le temple de Jérusalem détruit en 70 apr. J.-C., et les Templiers pensaient qu'il s'agissait d'un vestige de l'ancien Temple, duquel découle leur nom. L'Ordre a intégré des caractéristiques du lieu saint dans leur iconographie et leur architecture, y compris le sceau des grands maîtres. L'architecture de l'Église du Saint-Sépulcre pourrait aussi avoir servi de modèle.

Le 13 juillet 1190, le roi du Maroc assiège les Templiers à Tomar. Cette épreuve de force confirme la puissance militaire des Templiers, faisant de l'Ordre une pièce incontournable de la défense du Portugal.

Le château de Tomar fut construit par l'ordre du Temple vers 1160, sous l'impulsion du maître de la province, Gualdim Pais, pendant la Reconquista. À l'intérieur de la forteresse se trouve le Couvent de l'Ordre du Christ qui regroupe tous les styles architecturaux pratiqués au Portugal entre les XIIe et XVIIIe siècles, témoin capital en particulier du style manuélin.
L'église ronde (rotunda) du château de Tomar a été construite durant la deuxième moitié du XIIe siècle. L'église, comme quelques autres églises du Temple en Europe, aurait été bâtie sur le modèle de la mosquée d'Omar à Jérusalem, que les croisés ont cru, à tort, être un vestige du Temple de Salomon. La Basilique du Saint-Sépulcre à Jérusalem pourrait également avoir servi de modèle.

Au pied du château et du monastère, s'est construite au fil du temps une jolie petite ville qui recèle quelques secrets bien gardés. La plus vieille synagogue du Portugal occupe toujours un bâtiment presque anonyme dans une petite ruelle de la vieille ville. Elle a été construite au milieu du XVe siècle dans le quartier juif de la ville.

Avec l'expulsion et les conversions forcées des juifs portugais en 1496, la synagogue servit de prison, d'église et plus tard d'entrepôt. En 1921, le bâtiment est déclaré monument historique. Dans les années 1930, le propriétaire, un intellectuel polonais, restaura le bâtiment et en fit don au gouvernement portugais à la condition qu'il soit transformé en musée. Depuis 1939, la synagogue abrite le Musée juif Abraham Zacuto du nom d'un célèbre scientifique de l'époque. On peut y trouver plusieurs pierres tombales médiévales de l'ensemble du pays. Parmi ses meilleures pièces, on peut y voir une plaque de l'ancienne synagogue de Lisbonne datant de 1308.


Voyageurs

Des nouvelles de Charlie.

Vous vous souvenez peut-être que lors de notre passage à Gijón en Espagne, nous avions croisé un jeune homme qui poussait un curieux chariot, mi-carrosse pour bébé, mi-coffre de voyage. Il s’agit de Charlie Uldahl Christensen. Il est originaire du Danemark d’où il est parti à pieds il y a quatre mois. Son périple doit se poursuivre sur une période de trois ans. Il marche pour défendre une cause, soit la protection de l’eau.

Charlie est maintenant rendu au Portugal. La télévision portugaise a réalisé un reportage sur son expérience.

Nous sommes actuellement sur les bords de l’Atlantique. Le temps est incertain et la température assez froide la nuit, 12C.

À bientôt.

mercredi 28 octobre 2015

La plus vieille université du Portugal et les Templiers

Nous avons commencé la semaine dernière par quelques jours de repos au bord de la mer sur la magnifique plage de Praia de Mira. Soleil et chaleur étaient au rendez-vous. Alors, pourquoi ne pas en profiter? Dès mercredi, nous nous remettions en route en direction de la cité universitaire de Coimbra.

Une agréable surprise nous attendait à notre arrivée à proximité de la ville.

Coimbra

Coimbra de la rive opposée
Les rives du Mondego ont été aménagées en de jolies promenades et un centre nautique, un complexe sportif et une piscine se sont implantés le long de son parcours. Nous avons rejoint la communauté des camping-caristes dans un stationnement jouxtant la promenade devant le centre nautique à quelques centaines de mètres du centre-ville. Les bâtiments de l’université qui s’implanta à Coimbra en 1308 dominent la ville qui est parsemée de rue et ruelles en pentes descendant vers le cours d’eau. Sur l’autre rive, l’imposant couvent Santa Clara à Velha datant de la fin du XIIIe fait face à l’université. Cette ville qui a été un important centre religieux regorge de temples rivalisant de beauté les uns avec les autres. Nous y avons passé trois journées très agréables.
L'université et sa magnifique bibliothèque
La vieille cathédrale (il y en a deux)










Batalha



Sur les conseils d’un couple de voyageurs rencontrés à Praia de Mira, nous avons décidé d’entreprendre la visite d’une région qui fut sous la domination de l’ordre des Templiers pendant deux siècles suite à la reconquête sur le Maures. Notre premier arrêt fut à Batalha, siège du monastère Santa Maria Vitório. Dès l’approche de la ville, la vue lointaine de la dentelle de calcaire ceinturant le monastère et son église monumentale nous a sciés. La nef de l’église de style gothique est d’une pureté architecturale comme rarement vue ailleurs, et nous en avons vu beaucoup. 

Cependant, ce qui nous a le plus impressionnés est sûrement le portail monumental des chapelles inachevées à l’arrière de l’église principale. Une pure dentelle sculptée dans la pierre calcaire.


Fatima

Impossible de passer à Fatima sans s’y arrêter pour une nuit étant donné qu’un stationnement dédié aux camping-cars de passage a été aménagé à deux pas de la basilique. Oh déception! La basilique est en complète réfection. Malgré tout, le sanctuaire continue à fonctionner, les pèlerins arrivent de partout, parfois à genoux!
Comme à Lourdes , nous sommes toujours aussi surpris de la dévotion des personnes qui viennent visiter le site. D’ailleurs un peu plus ici, car les Portugais sont très attachés à leur religion.

Solidarité

Sous cet intitulé, je vous ai déjà entretenu de quelques-unes de nos rencontres humaines dignes d’intérêt. Depuis que nous sommes au Portugal, nous avons rencontré quelques camping-caristes qui ont décidé de vivre à l’année dans leur véhicule (fulltimer). Chacun ayant ses motivations, il y a cependant une constante qui revient chaque fois que nous avons l’occasion d’en discuter avec eux; la liberté que procure ce mode de vie. Nous avons ainsi rencontré à Praia de Mira un charmant couple, André et Christine, qui voyagent à temps plein au Portugal dans leur camping-car après avoir tout vendu en France avant leur départ il y a maintenant une année et demie. Ces attachants retraités n’ont pas hésité à nous faire part de leurs découvertes, de lieux non répertoriés à ne pas manquer ou encore d’aires de camping-car que nous n’avons pas dans nos répertoires papier et GPS. Ayant déjà visité le Maroc récemment, ils nous ont généreusement donné des guides touristiques, un répertoire d’aires de camping-cars et une carte routière détaillée ainsi que plusieurs conseils sur les sites à visiter.

Afin de nous faire partager leurs découvertes du Portugal, ils publient un blogue (www.le-granduca495.webnode.fr) rempli de photos et de vidéos, c’était le métier d’André avant la retraite. Ne manquez surtout pas les images aériennes qui seront publiées sous peu dès que André aura maîtrisé son nouveau drone de calibre professionnel.

Je passe sous silence ce couple septuagénaire rencont
ré également à Mira, résidant dans un petit village des Pyrénées (madame est maire de sa commune de 85 habitants) qui nous a invités à nous arrêter à la maison lors de notre prochain passage afin de goûter les spécialités de la région.

Camping-car

Pour les aires de camping-car à l’extérieur des campings municipaux ou privés, bien que moins bien organisées qu’en France, il demeure assez facile de trouver des endroits où dormir au calme, faire provision d’eau potable et vidanger. La grande tolérance dont font preuve les autorités concernant le stationnement de nuit nous permet de toujours trouver un endroit où dormir au calme.

Outre la possibilité de voyager économiquement, le plus grand plaisir que nous procure ce mode de vie depuis que nous voyageons en Europe, est certainement celui de se réveiller le matin et de prendre notre café au pied d’une forteresse, d’un monastère ou encore en bord de mer. Peu d’hôtels pourraient nous offrir ce luxe de voir se lever le soleil sur une forteresse construite par les Templiers avec comme seuls voisins les oiseaux chantants à gorge déployée.


Pour terminer cette semaine sur une note musicale traditionnelle, je vous invite à visionner cette courte vidéo tournée à Coimbra où Chantal se fait sérénader par des chanteurs de l’université. Sérénade à Maria :


Bonne semaine à toutes et à tous.

lundi 19 octobre 2015

Praira de Mira - la pêche traditionnelle

Bien avant l'aube les pêcheurs sont arrivés sur port où nous dormions afin de mettre leur barque à l'eau après quatre jours de gros temps. Nous avons eu la chance d'assister à cette pêche qui se faisait encore avec des boeufs il n'y a pas si longtemps. Regardez bien ce document, car avant longtemps ce sera sûrement un document ethnologique.

À bientôt,

Chantal et Yves

dimanche 18 octobre 2015

Porto et la suite

Suite à un week-end de pluie, nous quittons Castelo de Paiva en longeant le Douro et ses collines parsemées de vignobles en espalier en direction de Porto.

Après avoir considéré diverses options, nous choisissons de nous poser sur un stationnement en bordure du Douro du côté de Villa Gaïa juste en face de Porto. En quelques minutes de marche sur une magnifique promenade surplombant le cours d’eau, nous nous retrouvons en face des caves des célèbres portos. Nous passerons ainsi trois magnifiques journées ensoleillées à parcourir les ruelles pentues de la ville où se côtoient les architectures de  style gothique, baroque et romantique.

Les caves

En face de Porto sur la rive du Douro, où anciennement les barriques de vin étaient débarquées des bateaux à fond plat, le fameux liquide rouge ruby ou parfois blanc et rosé portant le nom de la ville nous est offert par des rabatteurs (sans aucune pression) postés devant l’entrée des caves qui sont en fait les anciens entrepôts où était transformé le vin en porto auparavant. Une technique intéressante a été développée par ces rabatteurs en ce qui concerne les petits transformateurs. Après avoir écouté notre conversation et avoir reconnu facilement l’accent québécois (l’expérience aidant), la technique d’approche porte sur le fait que la SAQ (Société des Alcools du Québec) , en raison de ses exigences trop élevées, n’importe pas les produits de ces petits producteurs. Ainsi, ils nous offrent l’unique chance de déguster leur produit sur place avant notre retour à la maison. Le seul problème est que nous retrouvons leur produit chez les revendeurs portugais et même en grande surface à un prix bien meilleur! Évidemment, l’atmosphère feutrée et l’odeur de vinification accumulée depuis des siècles en moins. Une impression d’attrape touriste.

Un emblème de la ville

Le pont métallique Luis 1er fut achevé en 1886. Ce pont à double palier est notre porte d’entrée dans la ville de Porto depuis les caves situées sur la rive opposée. C’est également la marque de commerce touristique de la ville. Le palier du bas est consacré à la circulation automobile tandis que le palier du haut permet le passage des piétons et des rames du métro. La traversée du Douro à une hauteur de 70 mètres est en soi une expérience touristique intéressante offrant une vue spectaculaire sur les deux rives du fleuve.

La rua das Flores

Au XVIIIe, cette rue piétonnière était habitée et fréquentée par la bourgeoisie de la ville. Bien que certaines façades aient été restaurées, de nombreux édifices sont abandonnés de leurs occupants à l’exception de certains locaux commerciaux au rez-de-chaussée.


C’est en parcourant la rue depuis l’église de la Miséricorde et son hôpital, depuis transformé en musée, que nous avons découvert quelques boutiques ayant survécu au passage du temps. Ainsi, juste en face du musée nous avons visité l’antre d’une famille d’antiquaires spécialisée en livres anciens qui tiennent boutique au même endroit depuis plus de 80 ans. Un peu plus haut dans la rue, sur invitation d’un serveur, nous sommes entrés dans un salon de thé dont le décor incluant le mobilier n’a pas été retouché depuis le XIXe. Un vrai passage dans le temps nous rappelant certains cafés d’Istanbul ou de Vienne. Malheureusement, tout semble dans un tel état de laisser-aller, qu’il faudra sans doute encore peu de temps avant que ce décor victorien ne disparaisse sous la poussière et l’usure.

Du gothique au baroque

La ville recèle de nombreux immeubles religieux et civils représentant admirablement bien son évolution dans le temps. La cathédrale de style gothique avec son cloître superbement bien restauré domine la vieille ville où les églises, cloîtres et hôpitaux rivalisent les uns avec les autres dans des orgies de dorures et parures de style baroque datant des XVIIe et XVIIIe. Un délice pour les amateurs d’art et d’architecture que nous sommes.
C’est au terme de trois jours de visite où nos mollets n’y ont pas échappés à raison de plusieurs kilomètres de pentes chaque jour, que nous nous sommes dirigé en bord de mer à Païva de Mira.

Avero

Presque tous les pays européens ont leur petite Venise. Au Portugal, c'est Avero.

Charmante petite ville traversée par des canaux permettant d'accéder à la mer depuis le XIXe.

Praia de Mira

Ancien port de pêche artisanale reconvertie en station balnéaire, les pêcheurs résistent.

En effet, la caractéristique de la pêche ici porte sur l’usage d’immenses filets qui sont portés au large dans des barques traditionnelles puis remorqués sur la plage à l’aide de tracteurs.

Il n’y a pas si longtemps, les pêcheurs utilisaient des boeufs pour haler les filets à terre avec leur prise. Malheureusement, la mer étant trop forte depuis notre arrivée, nous n’avons pu assister à l’opération.

Notre prochaine destination sera Coimbra, ville universitaire depuis le XIVe.

Bonne semaine à toutes et à tous.