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vendredi 9 juin 2017

Vérone la belle, suivi de triste Trieste.


Note à nos lecteurs, nos amis et notre famille

Il y a un décalage de date entre le moment où nous visitons un lieu, le moment de la rédaction de nos notes et surtout le moment où nous pouvons trouver un lien WIFI suffisant nous permettant de publier. À titre d'exemple, nous sommes maintenant en Croatie même si le sujet concerne l'Italie.

Vérone

Nous découvrons une ville superbe bordant le sillonnant fleuve Adige. En son centre, les Romains y ont construit un amphithéâtre dont les vestiges sont toujours présents.  Construit en 30 apr. J.-C., il pouvait accueillir environ 30 000 spectateurs. Ce monument est très bien conservé et marque le départ des visites touristiques.

Après avoir bénéficié des magnifiques promenades le long du fleuve, nous nous sommes concentrés à visiter quatre superbes temples religieux.


La cathédrale Santa Maria Assunta


En fait, le site de la cathédrale est un complexe architectural composé de l'église Sant'Helena, le cloître des chanoines, la bibliothèque du Chapitre, du baptistère qui était à l'origine l'église San Giovanni in Fonte. Elle est consacrée à la Vierge Marie, le 13 septembre 1187, et remplace deux anciens édifices paléochrétiens, dont le dernier avait été détruit par un tremblement de terre en 1117. Elle est construite en style roman.


Le baptistère de la cathédrale a été construit vers 1123. Les fonts baptismaux sont un chef-d'oeuvre de l'architecture romane. De forme octogonale et sculptée dans un seul bloc de marbre, les huit scènes tirées des évangiles sont en excellent état.

Basilica di Santa Anastasia

L'église actuelle, construite entre 1280 et 1400, a été dessinée par les frères dominicains Fra' Benvenuto da Imola et Fra' Nicola da Imola. Son plan est similaire à celui de la basilique de San Zanipolo de Venise.

Elle tient son nom d'un temple préexistant bâti par Théodoric le Grand sur les fondations desquelles elle s'est établie. Depuis 1307, elle est également dédiée à Pierre de Vérone, martyr et saint patron de la ville.

Consacrée seulement en 1471, elle fut la possession des dominicains jusqu'en 1808. Le campanile, haut de 72 m comportait quatre cloches en 1460.


Une caractéristique de l'église est les deux bénitiers à côté des premières colonnes. Les vasques sont soutenues par des bossus moustachus. Celui de gauche avec ses mains posées sur ses genoux, celui de droite, une main posée sur la tête. La statue du bossu de gauche est attribuée à Gabriele Caliari père de Paolo Veronese, la statue de droite (également appelée "Pasquino" parce qu'il est entré dans la basilique le dimanche de Pâques 1591) est de Paolo Orefice.

Chiesa di San Fermo

La dernière que nous avons visitée, mais sûrement celle que nous ne devions pas manquer. Une magnifique église de style roman à son niveau inférieur soit la crypte ouverte en façade et de style gothique à son niveau supérieur. Le plafond est de style carène de bois renversée. De nombreuses fresques des XIVe et XVe ornent les murs. Ses portes de bronze composées de nombreux carrés réalisés par différents artisans à différentes époques sont très caractéristiques.
Fresque du XIVe
Porte recouverte de panneaux de  bronze

Piazza Erbe

Piazza Erbe
Tout en prolongeant notre promenade nous avons également été très impressionnés, Piazza Erbe, par les palais et leurs gigantesques tours, en particulier celle de la famille Lambirtini datant de 1172. Elle fut construite à une époque ou les familles bourgeoises de la ville compétitionnaient en construisant des maisons et des tours de plus en plus hautes afin de démontrer leur richesse et leur pouvoir.
La tour Lambirtini datant de 1172

Même dans la mort, ces riches familles se devaient de montrer leur richesse. À preuve, le cimetière de la famille Della Scala annexe à l’église Santa Maria.

Camping-car

Une aire de camping-car avec services a été aménagée en bordure d’un canal et à proximité du centre-ville.

Triste Trieste



Je n’avais pas lu l’article du Monde intitulé «Irristible Trieste» avant notre arrivée dans cette ville portuaire située sur l’Adriatique. Il faut dire que notre arrivée à Trieste ne peut être considérée comme un succès en ce domaine. À l’origine, nous voulions y faire étape avant d’entrer en Croatie. Le Guide vert Michelin nous avait déjà prévenus que la ville n’avait rien de touristique et était entièrement tournée vers l’activité de son port. C’est ainsi qu’en suivant les gros camions en direction du port, nous avons trouvé l’aire de camping-car municipale située sous une autoroute, entre d’un côté le port et de l’autre des quartiers pour le moins inquiétants. De plus, le stationnement en question était déjà rempli de camping-cars italiens garés en entreposage. Pas un voyageur à l’horizon à l’exception de quelques SDF.

Heureusement, nous avions lu qu’il existait une autre possibilité de stationner près d’une marina en bordure de mer. Notre nouveau GPS nous ayant livré l’information, c’est avec grand plaisir que nous avons découvert ce stationnement dont quelques places sont réservées aux camping-cars, en face d’une marina et jouxtant un immense parc et une promenade de bord de mer que fréquentent les habitants de la ville. Ayant eu à traverser le centre de la ville et ses intrépides conducteurs, nous avons conclu que cette visite éclair était suffisante, et que nous ne prolongerions pas notre séjour dans cette drôle de ville entièrement construite sur un escarpement. En conclusion, à l’instar du récit de la journaliste du Monde, je me rangerais du côté Stendhal plutôt que de celui de James Joyce ou Jules Verne, c’est pourquoi j’ai intitulé ce carnet «Triste Trieste»!


dimanche 4 juin 2017

Venise, la surprenante

N'ayez pas peur ! C'est de l'art contemporain à Venise.

Venise

Nous n’en sommes pas à notre première visite de Venise. Quel beau souvenir qu’est la découverte de la vue sur le grand canal en débarquant du train ou de l’autobus à Piazzale Roma! Cauchemar! Nous arrivons par la route depuis Vérone. Nous avons traversé la campagne vénitienne avec ses vignobles et ses champs verdoyants en ce début d’été pour finalement déboucher sur une vision d’horreur à l’approche de Mestre et de Venise. Nous sommes plongés dans un décor post-industriel composé de cheminées crachant le feu, de bâtiments industriels sans âme, parfois abandonnés, d’immenses réservoirs ressemblant à de gigantesques tambours, dont le fil d’Ariane est un réseau de routes, d’autoroutes et de voies ferrées inextricables. Heureusement, après avoir tourné dans ce dédale sans fin, nous nous sommes échappés de nouveau vers la campagne où nous avons finalement trouvé un camping familial calme et ombragé. Nous avions enfin échappé au monstre de fer et d’acier pour retrouver la Venise des canaux et des palais que nous connaissions.

Rien n’a vraiment changé, à l’exception peut-être du flot grandissant de touristes débarquant tous les matins dans la cité des Doges et se bousculant au pied des escaliers des ponceaux qui enjambent les centaines de canaux. Heureusement que nous y avons déjà vécu quelques semaines pour savoir que la ville n’est pas seulement un immense musée, mais également une ville où vit une population permanente dans des quartiers excentriques et en partie protégés des touristes d’un jour. Pour nous en assurer, nous avons fait une courte visite de la Grande Scuela, devenue l’hôpital de Venise où l’histoire côtoie la technologie moderne et il y avait bien des Vénitiens en attente de services



La biennale d’art contemporain est maintenant ouverte. Des expositions sont réparties sur de nombreux sites, tous plus flamboyants les uns que les autres. Tantôt un palais, parfois une chapelle ou une église. Nous en avons visité quelques-unes. Nous avons vu de tout. Depuis la beauté stylistique, jusqu’au plus choquant ou encore véritablement incompréhensible. Je ne vous ferai pas un long discours sur ce sujet, mais je vous dirai que j’ai particulièrement aimé l’installation intitulée « Fuck Yourself Art » dont je vous invite à lire le manifeste ici qui alimente la controverse entre l'art et l'argent, dont les sommes fantastiques payées pour certaines oeuvres actuellement.

Voici quelques photos en vrac :



L'artiste jeune

L'artiste maintenant

L'artiste en pièces détachées 

Puis nous sommes retournés à l’histoire en visitant à nouveau le blanc palais des Doges , le pont des Soupirs et son immense et lugubre prison. Je n’aurais pas aimé être emprisonné à cette époque ! Suivi du musée Correr, où les appartements autrefois occupés par l’impératrice Sissi et son mari, ont été restaurés et ouverts au public depuis notre dernière visite.

Cour intérieure du palais des Doges

Vue depuis l'intérieur du pont des Soupirs
en route pour la prison...


Chantal à la table de Sissi




Treasures from the Wreck
of the Unbelievable
Toujours dans le domaine de l'art contemporain, vous savez sans doute que Monsieur Francois Pineault, fondateur du holding Artémis et du groupe Keringest (ex-groupe Pinault-Printemps-Redoute), un riche et influent collectionneur d'art avait ouvert deux musées à Venise, l'un dans les anciens entrepôts de la douane (Punta della Dogana) et l'autre au palais Grassi afin d'y exposer ses collections. Depuis, la ville de Paris lui a octroyé l'autorisation de rénover l'ancienne Bourse de Commerce dans le quartier des Halles afin d'y aménager un musée. Ainsi, une partie des collections exposées à Venise seront rapatriées à Paris (un catalogue estimé à 3500 oeuvres) en 2018 ou 2019. Dans l'immédiat, j'ai visité une formidable et monumentale exposition de l'artiste Damien Hirst intitulée « Treasures from the Wreck of the Unbelievable » et répartie sur les deux sites. Dix ans de travail auront été nécessaires pour que l’artiste mène à bien ce projet artistique extraordinaire, au sens littéral du terme, narrant l’histoire du vaisseau antique ‘Unbelievable’, de son naufrage et de la découverte de sa précieuse cargaison : l’impressionnante collection de Aulus Calidius Amotan, un esclave affranchi plus connu sous le nom de Cif Amotan II, destinée à un temple dédié au soleil. Tout provient de l'impressionnante imagination de l'artiste.

Un géant sur deux étages
Oui, oui, il y avait un Mickey
dans l'antiquité selon Hirst !








jeudi 1 juin 2017

Milano, Certosa di Pavia, Lago del Garda

Milan


Devant l’impossibilité de trouver une aire de camping-car ou même un camping à proximité de Milan, nous nous sommes résolus à nous arrêter dans une aire de camping-car aménagée par la commune de Saronna au nord de la ville. De là, nous avons pu rejoindre le centre de Milan en train. Il s’agit sûrement de la meilleure formule, car nous avons réalisé qu’il était à peu près impossible de circuler au centre-ville dont de nombreuses rues sont piétonnières ou réservées aux trams.

Chantal et sa Ferrari via Napoleone
La dernière mode en matière de sac
C’est notre première visite dans cette ville et nous avions hâte de voir cette capitale de la mode et du luxe. Pour le luxe, il faut arpenter la via Napoleone. Toutes les grandes marques et les plus prestigieux designers y ont pignon sur rue. Sortez vos bourses, car il n’y a que du beau et du cher ici! C’est quand même beau le cher, n’est-ce pas?

Bon, une fois cette rue et ce quartier arpentés dans tous les sens, nous avons découvert la Galleria Victoria Emmanuel, son immense verrière et ses superbes mosaïques. Un magnifique temple de la consommation élevé avec le plus grand style au XIXe. Mais, nous n’avions encore rien vu dans le domaine de la beauté artistique jusqu’à ce que nous soyons devant la cathédrale construite entièrement de marbre blanc, éblouissant au soleil d’après-midi.

Là, nous sommes tombés sur le c…. Nous en avons vu de nombreux et prestigieux édifices religieux depuis que nous écumons les routes d’Europe, mais cette fois-ci nous avons été sidérés par la beauté de cette façade semblable à de la dentelle blanche parsemée de nombreuses et immenses statues sculptées dans la pierre. Malgré la foule et la chaleur, nous y avons passé un très long moment admiratif. La beauté n’a sûrement pas été inventée au XXIe siècle!

La Scala
Parmi nos sujets de prédilection pour Milan il y avait évidemment la Scala, le temple mondialement renommé de l’art lyrique. Un peu décevant ce bâtiment carré et austère. Rien à voir avec ce qui s’y produit à l’intérieur.


Parmi les nombreuses offres muséales de la ville, nous avons choisi de visiter la Pinacoteca di Brera située dans le charmant quartier du même nom. Nous y étions un dimanche et un marché d’antiquaires s’y tenait le long des petites rues moyenâgeuses à travers les terrasses des bars et des petits restaurants. Un vrai charme. Adossé au «Palazzo» qui héberge le musée, se trouve un jardin botanique qui sert de laboratoire à l’université et qui accueille les promeneurs. Quelle belle surprise de découvrir ce havre de tranquillité où la science botanique côtoie la beauté des fleurs!

Murale monastère San Maurizio
Nous n’avons pu résister à la tentation de visiter l’église du monastère San Maurizio  de style renaissance, couverte de fresques et dont le cloître accueillait un concert de piano. Quelle belle manière de relaxer en cette fin d’après-midi au centre d’une grande ville!

Portail église San Ambrogio
Finalement, nos derniers pas nous ont permis de découvrir l’église San Ambrogio, fondée par Saint Ambroise au 4e siècle. Le temple est de style roman, construit entièrement de briques rouges et possède un gigantesque portique couvert de fresques.

Nous voulions visiter cette ville depuis longtemps et nous ne l’avons vraiment pas regretté, même si les aménagements pour accueillir les campings-caristes sont inexistants.

Camping-car


L’aire de Saronna est située dans un quartier industriel un peu à l’écart de la ville. Il faut compter un kilomètre pour atteindre la gare. À notre grande surprise, nous avons reçu la visite d’un préposé de la mairie qui nous a remis des informations sur sa ville et incroyable, une petite bouteille d’Amareto qui est la boisson locale. Viva Italia!

Certosa de Pavia


La chartreuse de Pavie était rangée dans un coin de ma mémoire depuis toujours. Le problème c’est que je ne sais pas pourquoi! Alors, lorsque j’ai vu ce nom de Certova de Pavia sur notre itinéraire, j’ai décidé de m’y arrêter en convainquant Chantal que nous allions sûrement y découvrir quelque chose d’un peu spécial, sans savoir quoi!

Spécial en effet, ce lieu situé au milieu des terres agricoles et dont l’accès est pour le moins discret. Est-ce ouvert au public? Après avoir marché quelques centaines de mètres, nous traversons un portique sans rencontrer âme qui vive. Finalement, nous découvrons une fantastique façade d’église sculptée. Ce monastère cistercien des XVe et XVIe siècles de style gothique est particulier, car il a été construit par de riches familles lombardes pour accueillir un maximum de 24 moines. Chacun disposait d’une maisonnette surplombée d’un clocheton et annexe à un petit jardin privé devant favoriser la réflexion. L’ensemble de ces maisonnettes est arrangé autour d’un magnifique cloître. Encore une surprise au milieu de la campagne lombarde. Il est quand même étrange que l’accès au site soit complètement en friche et que certains bâtiments juste avant le portique d’accès soient à l’abandon. Personne n’a pu nous renseigner.

Camping-car


Juste en face de la Chartreuse, à quelques centaines de mètres, une aire de camping-car avec services a été aménagée.

Le lac de Garde


En route pour Vérone nous avons fait un arrêt à Peschiera del Garda aux abords du magnifique lac de Garde. Ce lac a des airs de lac Léman en Suisse avec sa belle promenade aménagée depuis le village. À l’époque romaine, une via importante passait par ce village, ce qui donnait accès au commerce avec les peuples situés au nord. C’est sans doute pourquoi au travers des ruelles commerçantes on trouve encore aujourd’hui des vestiges de maisons romaines.

Camping-car

Une aire de camping-car avec services est située au centre du village. De nombreux campings bordent le lac. Avec la carte ACSI hors saison, le coût est quasi le même.