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dimanche 20 janvier 2019

Une pause nécessaire

Chantal à Antequerra
Somme toute, l’année 2018 fut une pause nécessaire dans notre carrière de voyageurs. Comme dans la vie active de la plupart des gens que ce soit au plan professionnel ou personnel, nous avons au cours de cette année, procédé à différents ajustements matériels afin de nous donner les ressources et la logistique nécessaires à nos fréquents et souvent longs séjours à l’étranger.

Nous avons donc terminé notre long séjour en Andalousie (voir notre dernier article à ce sujet) au printemps dernier pour retourner à la maison régler nos affaires personnelles et revoir la famille et les amis.

La Costa del Sol

Cathédrale de Malaga
Le principal avantage de ce séjour dans le sud de l’Espagne pour fuir les rigueurs de l’hiver québécois fut la proximité des villes historique et culturelle aux traditions religieuses fortes et pittoresques. Nous gardons un excellent souvenir de villes telles que Séville, Ronda, Cordoue, Grenade, mais aussi de plus petites villes et villages comme Antequerra ou Mijas à proximité de Malaga. Lors de la semaine sainte, nous avons également été impressionnés par les défilés des confréries avec leur cortège de participants portant les immenses statues de leur saint préféré à travers la vieille ville au son d’une musique monocorde quasi mortuaire disparaissant sous un nuage d’encens.

Notre séjour fut également marqué par les rencontres que nous y avons faites. Nous pensons particulièrement à notre voisine de palier, Maryline originaire de Belgique, qui nous a si souvent dépannées et qui est devenue une amie. Également à Francine et Jean-François, d’anciens collègues croisés par hasard sur le Paseo Maritimo de Torremolinos et avec qui nous avons eu le bonheur de partager notre table.

Logistique

En ce qui concerne le climat de la Costa del Sol en hiver, il faut savoir que les nuits sont très fraîches, que le mercure peut atteindre 23C en milieu d’après-midi. Bien que le soleil soit omniprésent, le vent provenant des montagnes est aussi très souvent présent et contribue au refroidissement des températures. Comprenons-nous; ce ne sont pas les tropiques. C’est pourquoi il est essentiel de sélectionner la location d’un appartement ou d’une maison dont la terrasse est orientée au sud pour bénéficier au maximum de l’ensoleillement et être à l’abri des vents dominants pendant la journée. Surtout sélectionner un appartement équipé d’un système de chauffage performant. Généralement, les propriétaires d’appartement s’équipent de thermopompes offrant climatisation et chauffage à un prix raisonnable, car l’énergie électrique est très dispendieuse.

Il faut également prévoir des vêtements chauds (style hiver) lors des excursions dans la campagne andalouse ou encore lors de la visite des villes historiques à l’intérieur du pays.

En conclusion, nous y avons trouvé un environnement historique et culturel stimulant, un climat acceptable en cette période hivernale, mais sans doute pas une destination définitive où fuir l’hiver québécois au cours des prochaines années.

samedi 3 mars 2018

Malaga et ses musées

Notre appartement étant situé à une vingtaine de kilomètres de Malaga et à proximité de la station du train qui nous dépose en quelques minutes à l’entrée du coeur historique de la ville, nous sommes en mesure de faire de nombreuses escapades afin de découvrir la richesse culturelle de cette ville. Afin d’encourager la population à développer et maintenir sa fibre culturelle et sa connaissance de son histoire, la ville offre l’entrée gratuite dans tous les musées qui sont sous son autorité. 
C’est ainsi que nous avons découvert, lors d’une promenade sur l’avenue principale bordée de magnifiques arbres plus que centenaires, mais  quelque peu encombrée en raison des travaux occasionnés par le prolongement du métro, deux expositions offertes gratuitement au public et logées au rez-de-chaussée d’un immeuble public. C’est derrière d’immenses portes de bois habituellement fermées et qui contiennent les archives municipales que s’est dévoilée à nous l’exposition «Paysages et églises de Bratislava» qui regroupe des peintures et dessins représentant la ville à diverses époques ainsi que nombre de ses magnifiques églises. L’autre exposition accueille les oeuvres du peintre slovaque Alexander Godány.

De plus, après quelques visites au bureau touristique de la ville, Chantal a découvert que plusieurs musées de la ville offraient des entrées gratuites le dimanche. Nous avons donc entrepris de consacrer nos dimanches à ces visites.

Le musée municipal de Malaga.

Situé dans l’ancien bâtiment des douanes, qui fut récemment entièrement rénové, nous accédons au bâtiment par une entrée monumentale menant à un patio intérieur typique des bâtiments espagnols principalement en Andalousie. Cette architecture de style mauresque me rappelle celle de nombreux palais de Mexico City que j’ai découvert il y a quelques années ainsi que celle des maisons traditionnelles dans les casbahs du Maroc visitées il y a deux ans. Derrière l’austérité des façades, nous découvrons la douceur de vivre intérieure agrémentée de bassins d’eau, de fontaines et d’arbres dégageant à la fois ombre et doux parfums.

José Jiménez Aranda (1837-1903), Esclave à vendre,
Seville vers 1892-1897, huile sur canevas.
Ce musée présente à la fois une intéressante collection archéologique d’objets recueillis sur le territoire de la province de Malaga et une collection de peintures majoritairement de peintres natifs de la ville ou de paysages et de personnages de la ville à différentes époques.
Un nombre important de découvertes archéologiques dans la région de Malaga ont été faites vers le milieu du XIXe siècle. Plusieurs de ces objets ont été acquis par le Marquis Jorgue Loring Oyarzábal et son épouse, la Marquise Amalia Heredia Livermore. Jorgue Loring Oyarzábal était le fils d’un homme d’affaires américain qui s’établit dans la région au début du XIXe siècle  afin de mettre en place une structure de commerce entre l’Espagne et les USA. Il fit sa fortune dans les mines, les chemins de fer, la finance et même dans le journalisme. Amalia Heredia Livermore était la fille du riche homme d’affaires et légendaire industriel Manuel Agustin Heredia. Tous les deux étaient passionnés d’archéologie, de littérature et de botanique et parmi les personnes les plus érudits de la bourgeoisie de Malaga. À terme, ils avaient créé dans leur domaine de campagne «La Conception»  situé juste à l’extérieur de Malaga une des plus belles collections privées de toute l’Espagne. Malheureusement, après leur décès et la vente du domaine, de nombreux objets disparurent et pour les plus gros, furent laissés sur place. Un nombre important  d’objets fut acheminé au Musée provincial d’archéologie de Malaga à son ouverture en 1947, ce qui fut l'embryon de l’actuelle collection du Musée de Malaga. 


Le musée de l’automobile et de la mode.

C’est dans une tout autre perspective que nous avons visité ce musée. L’exposition, combinant le point de vue du design et de l’histoire, réunissant des marques de prestige comme Bugatti, Bently, Jaguar, Rolls-Royce, Ferrari, BMW et Hispano-Suza avec des créations de hautes coutures comme Chanel, Yves Saint-Laurent, Lanvin et Dior, est surprenante.

Confrontés à des intérieurs en cuir d’autruche, des insignes dessinés par Lalique, des tableaux de bord en nacre et bois précieux, des poignées en ivoire et en argent, combinés à des robes, manteaux et chapeaux de haute couture, nous avons passé des heures agréables à imaginer les personnages ayant vécu cette époque de luxe et de frivolité. La grande classe!


vendredi 2 février 2018

TRANSITION


Nous avons quitté l’Europe fin octobre 2017 après avoir vendu notre camping-car. Ce ne fut pas une décision facile à prendre, mais nous désirions après cinq ans d’itinérance sur le continent européen nous diriger vers d’autres destinations, d’autres continents et en utilisant d’autres moyens de voyager en d’autres saisons. Dès notre retour à Montréal, nous préparions notre destination d’hiver afin d’éviter la neige et le froid qui mystérieusement se sont abattus sur Montréal dès le mois de décembre cette année.

Afin de marquer la transition entre notre mode de voyage en itinérance permanente et nos projets, nous avons opté pour un séjour prolongé dans un même lieu qui nous permettra de planifier nos prochains voyages et de rayonner avec les transports en commun vers des destinations touristiques hors saison.


Andalousie

Nous avons choisi un retour en Europe, sur la Costa del Sol dans la région de Malaga, en Andalousie. Nous avons déjà visité cette région à quelques reprises par le passé et nous croyons que nous y découvrirons d’autres merveilles en prenant le temps nécessaire.

Musée Pompidou à Malaga

Les transports

Notre première préoccupation, après avoir pris possession de l’appartement que nous avons loué à Torremolinos, fut de s’informer des moyens de transport disponibles dans la région.

Une ligne de chemin de fer de la RENFRE (Red Nacional de los Ferrocarriles de Espagña) longe la côte de Malaga à Fuengirola avec de nombreux arrêts stratégiquement disséminés dans les principales villes. Nous avons un de ces arrêts à 400m de notre appartement. Ce train de banlieue, qui ressemble à un métro, passe aux vingt minutes dans chaque direction. Ce train dessert autant l’aéroport que la gare de chemin de fer de Malaga ainsi que la gare des autobus connexe et nous amène jusqu’aux portes du centre historique de la ville.

Pour les utilisateurs fréquents du réseau ferroviaire de la RENFRE, il existe une carte rabais (40%) pour les 60 ans et plus que nous avons obtenus pour six (6) euros par carte, ce qui devrait être rentable surtout si nous faisons de longs parcours durant notre séjour dans ce pays.

Un réseau d’autobus (plusieurs compagnies différentes) dessert l’intérieur de l’Andalousie depuis la gare de Malaga. Nous nous sommes procuré les horaires au bureau d’information de la gare, car il ne semble pas exister de répertoire papier de ces horaires.

Il est important de bien s’informer concernant le meilleur moyen de transport à utiliser, car certaines gares de trains sont situées à l’extérieur des villes.

Finalement, dans la ville de Torremolinos qui est construite en pente depuis la montagne proche et la mer, nous avons acheté une carte rabais valide pour dix passages sur le réseau du bus local, ce qui nous évite de grimper jusqu’à notre appartement lorsque nous allons marcher sur le «paseo» qui borde la mer sur des kilomètres. Cette carte est en vente au terminus des autobus de la ville au centre-ville. Depuis ce terminus, des autobus sillonnent également la côte vers Malaga ou à l’opposé vers Marbella, Gibraltar et Algecira, la ville d’où il est possible de prendre le traversier pour le Maroc.

Voilà! Avec ces informations en poche, nous sommes prêts à nous lancer à la découverte et parfois à la redécouverte de cette région du sud de l’Espagne.

jeudi 17 mars 2016

Retour en France



Au terme de notre visite de Marrakech, il est maintenant temps de remonter doucement vers le nord. Après avoir fait de courtes étapes dont Mohammédia sur la côte, nous retrouvons Tanger et son port pour rembarquer à destination d'Algésiras en Espagne. Les procédures de douane et la traversée se sont effectuées sans encombre et en un temps record.

Torremolinos

Nous avions déjà séjourné à Torremolinos il y a quelques années. C'est donc sans surprise que nous avons retrouvé sa magnifique promenade en bord de mer et ses pistes cyclables nous donnant accès à la ville depuis notre stationnement. Évidemment, le soleil était au rendez-vous comme toujours sur la «Costa del Sol», mais accompagné de forts vents qui ont eu comme effet de refroidir sensiblement la température.

C'est ainsi que nous avons tout doucement réintégré le mode de vie européen après avoir vécu dans la culture marocaine pendant trois mois. Le contraste est suffisant pour nous faire prendre conscience des différences qui existent entre ces deux univers. Discipline des conducteurs, ordonnancement du mobilier urbain, propreté générale des rues et terrains vagues, offre alimentaire dans les grandes surfaces sont autant de signes distinctifs de sociétés qui ont évolué différemment. En contrepartie, les valeurs humaines constatées dans nos rapports avec les Marocains que nous avons fréquentés autant dans la rue que dans nos relations professionnelles, souvent absentes dans nos sociétés dites développées, nous sont apparues moins présentes du côté européen. Nous y avons trouvé exactement ce que nous recherchons lors de nos voyages; soit un moment de réflexion sur les spécificités des différentes civilisations que nous souhaitons découvrir en regard de notre propre univers de vie. À plusieurs reprises, nous avons vu des Marocains de condition plus que modeste donner discrètement une pièce à un mendiant dans la rue. Cela nous semble beaucoup moins fréquent dans nos sociétés développées.

Taxi de Mijas - très écologique!

Profitant du beau temps et des quelques jours de repos que nous nous sommes accordés, nous avons fait une brève escapade à Mijas,  un petit village blanc dans la montagne à proximité de Torremolinos.
La Costa del Sol vue du village de Mijas.

Bien que plus longue, nous avons choisi de prendre la route de la méditerranée afin de prolonger le plaisir du paysage entre mer et montagne. Jusqu'à Valence, les cultures sont souvent faites sous serres de plastique blanc, ce qui a comme conséquence de dégrader l'aspect visuel de ces immenses espaces dédiés à être le jardin de l'Europe.
Notre trajet en bleu.


Valence
Notre arrêt à Valence correspond avec la fête de Las Fallas. D'immenses compositions caricaturales en carton-pâte (ninots) sont brûlées (fallas) dans la nuit du 19 mars pour célébrer la Saint-Joseph. Pendant dix (10) jours, à 14h, a lieu devant l'hôtel de ville un assourdissant concert de pétards (mascleta).

Le Miguelete, clocher de la cathédrale sur la plaza de la Reina
Bien que nous ayons consacré qu'une journée à parcourir le centre historique de la ville, nous avons eu le temps de visiter la cathédrale construite à partir de 1262 et flanquée d'un clocher octogonal haut de 68 mètres. Juxtaposé à la cathédrale un tribunal bien spécial se réunit tous les jeudis à midi depuis plus de mille ans afin de régler les litiges concernant la distribution de l'eau à travers le système d'irrigation dans la campagne environnante ( la huerta). Les décisions de ce tribunal hors de l'ordinaire sont sans appel et exécutoires. Il s'agit du seul tribunal complètement indépendant d'Espagne, même sous la dictature.

La lonja
La lonja ( Llotja de macaderes) est un magnifique bâtiment de style gothique flamboyant édifié de 1483 à 1498 et qui abritait la bourse de la soie. Composé de trois salles principales. La salle des contrats était dédiée aux transactions commerciales où une banque municipale a été créée en 1407. Adjacent à la salle des contrats, on trouve un édifice de trois étages relié par un escalier en spirale. Finalement, le pavillon des consules de la mer construit dans style renaissance et doté d'un plafond datant du XVe siècle complète l’ensemble.

La cour intérieure du bâtiment


Colonne torsadée de la salle des contrats






















Le marché central
Le marché central est un immense édifice d'acier, de verre et carreaux de céramique. Il propose tous les matins une grande quantité de variétés de fruits, de légumes, de viande et de charcuterie et de produits de la mer. Avec ses 350 étales, il est un des plus grand d'Europe.
Vous aimez le jambon?

Finalement, nous ne pouvons passer sous silence la gare qui est un pur chef-d'oeuvre de l'art déco agrémenté de carreaux de faïence à l'effigie de l'activité agricole de l'époque.
La gare
Une salle d'attente






























Il y avait beaucoup plus à voir à Valence. Nous sommes finalement partis avec la ferme intention d'y revenir lors d'un prochain voyage.

Après avoir parcouru le sud de la France en passant par Perpignan et y avoir affronté la violence de la tramontane et du mistral, nous nous sommes arrêtés chez des amies, Rose-Marie et Marie-Noëlle, à Clermont-Ferrand. Cette dernière étape mettant fin à notre errance pour le moment.

Carnet camping-car

Radio camping-car nous avait annoncé qu'il serait impossible de bivouaquer sur la côte méditerranéenne de l'Espagne en raison des règlements municipaux et des risques d'être cambriolés et même gazés. Sûrement que les règlements municipaux sont appliqués avec plus de sévérité en saison touristique. Il demeure néanmoins que nous avons pu bivouaquer sans problème dans des stationnements et même sur de petites rues tranquilles à l'écart des résidants à Torremolinos et à Valence sur recommandation d'amis camping-caristes. Merci à Évelyne et Jean-Pierre. Nous conservons ces références pour un prochain voyage hors-saison.

Nous nous retrouverons sans doute prochainement pour une nouvelle destination. Entre-temps, nous vous souhaitons un excellent printemps où que vous soyez.

Chantal et Yves



dimanche 6 décembre 2015

Dernière étape en Espagne... puis le Maroc

Au dernier moment, nous avons décidé de faire une escale à Séville avant de rejoindre Algésiras pour prendre le traversier pour le Maroc.

Séville

Après avoir fouillé la toile, nous avons trouvé une aire de camping-car à proximité du centre-ville de Séville, en bordure du Guadalquivir. Bon, l'endroit est un peu bizarre en pleine friche industrielle, mais c'est tranquille la nuit. Nous pouvons vidanger et faire le plein d'eau, il y a le WIFI et l'électricité et en dix minutes à vélo nous sommes Plaza de Espagna.

Cette ville ne nous était pas totalement inconnue pour y avoir fait une escale d'une journée en janvier 2012. Mais nous avions une furieuse envie de la revoir tranquillement. Cette ville qui nous avait laissé un si merveilleux souvenir.

Nous sommes ici en Andalousie et cela paraît. En premier lieu, il y a l'architecture mudéjare, héritage du passage prolongé des Maures que les Rois Catholiques ont décidé d'intégrer à l'architecture européenne lors de la reconquête au XVe.

L'élément le plus flamboyant est sûrement le clocher de la cathédrale «Geronimo» qui est en fait la reconversion du minaret de la grande mosquée. La cathédrale elle-même a été construite selon les préceptes de l'architecture gothique tout en conservant sur son flan le minaret et le patio couvert d'orangers dont la fonction était de conserver la fraîcheur et d'embaumer les fidèles à la sortie de la prière.

La seconde pièce d'architecture majeure ayant conservé son style de l'époque musulmane est l'Alcazar ou le palais des rois. Une splendeur en matière d'aménagement et de fonctionnalité, le palais est entouré de magnifiques jardins existants à la période mudéjare ou réaménagé par les Rois Catholiques. La famille royale d'Espagne y a encore ses appartements privés.

Séville c'est aussi une pièce de l'histoire de la découverte et de la colonisation de nombreux pays d'Amérique du Sud et d'Asie. Nous avons d'ailleurs visité l'édifice où sont conservées les archives de cette époque. Des centaines de milliers de manuscrits décrivant en détail les expéditions, le commerce et l'extraction des métaux précieux à l'aide des esclaves indigènes pour la plupart exterminés au cours des trois siècles où ces activités se sont tenues. C'est d'ailleurs avec cet or et cet argent provenant principalement des mines d'Amérique du Sud que les églises sont décorées et que les articles religieux maintenant faisant l'objet d'exposition ont été fabriqués entre le XVIe et le XIXe.

Séville c'est aussi; la vieille ville juive, ses ruelles piétonnes décorées pour Noël, ses grands boulevards   et son intéressant réseau de pistes cyclables.

Vous avez sans doute remarqué que nous avons beaucoup aimé cette ville.

Traversée au Maroc

Le point de rencontre des camping-cars avant de s'embarquer sur le traversier à Algésiras est le bureau de l'Agence Guterriez qui se charge de la vente des billets au meilleur prix et à la préparation des formalités d'enregistrement du camping-car auprès des douanes marocaines.

Nous dormons dans le stationnement d'un centre commercial après avoir fait le plein de victuailles et c'est à 6 heures du matin que nous démarrons en direction du port pour nous embarquer sur le traversier qui nous amènera à Tanger.

On nous avait prévenus que le passage des douanes serait un peu chaotique à notre arrivée à Tanger. Dans les faits, après quelques hésitations sur la direction et sur la procédure à suivre en moins d'une heure nous nous retrouvions sur l'autoroute en direction de l'Atlantique.

Nous avions déjà choisi de contourner Tanger afin de nous rendre dans une petite ville en bord de mer où nous savions qu'il nous était possible de passer une première nuit d'acclimatation. Ayant pris l'autoroute nous avons traversé une magnifique région agricole où les petits villages blancs sont juchés sur des collines verdoyantes.

Asilah

Station balnéaire fréquentée durant la belle saison, à cette époque de l'année c'est le calme plat, sauf à l'intérieur de sa médina où la vie quotidienne se déroule tranquillement au rythme de l'appel à la prière des mosquées environnantes.

Site d'une activité artistique intense en été, de nombreuses murales colorent la médina qui, elle-même, est parsemée d'ateliers d'artistes et de galeries présentant des oeuvres les plus diverses.

Nos premiers pas au Maroc sont hésitants, tout est si différent, mais nous sommes sûrs d'y découvrir des trésors qui viendront enrichir nos souvenirs de voyage. Déjà, nos quelques contacts avec la population d'Asilah nous ont réjouis.


À bientôt

samedi 3 octobre 2015

La route de Compostelle

Dimanche dernier, afin de marquer le jour de notre départ, Bilbao nous a offert une matinée de brouillard intense. L’aire de camping-car ressemblait vraiment à un décor londonien de l’époque où Sherlok Holmes enquêtait sur des meurtres en série. Heureusement, dès que nous avons pris la route maritime en direction de Santander et de Gijón le brouillard s’est levé et a fait place à un magnifique soleil. Entre mer et montagne, la route sillonne à travers les vallées oscillant entre tunnels et viaducs à l’architecture étonnante. Un ravissement pour les yeux.

Nous avons fait halte dans la ville de Gijón qui met à disposition une aire de camping-car à proximité de son port maritime. Une ville sans trop de charme ni d’histoire qui a comme principal attrait d’être située en bord de mer.

Au-delà de la découverte de la région du nord de l’Espagne sur la route du Portugal, notre but premier était de découvrir les principales haltes du chemin de Saint-Jacques de Compostelle. C’est pourquoi nous nous sommes dirigés vers  le sud à Leon pour y rencontrer nos premiers pèlerins autour de la cathédrale.

Leon

Son centre historique est dominé par sa magnifique cathédrale sise sur les vestiges d’une cité romaine. Ce bâtiment du pur style gothique a été restauré selon les meilleures connaissances de l’époque médiévale. Nous y avons admiré des centaines de vitraux d’origine aux couleurs étincelantes datant du XIIe et XIVe siècle. Comme dans la plupart des villes importantes, de nombreux édifices religieux environnent la cathédrale. Les pèlerins se donnent rendez-vous sur la plaza face au portique principal. Une atmosphère bien spéciale se dégage du lot des visiteurs qui se partagent entre touristes et pèlerins sac au dos.

Astorga



Ayant rattrapé le chemin de Compostelle, nous nous sommes dirigés vers Astorga, ville réputée également pour sa cathédrale et son palais épiscopal dessiné par le célèbre architecte Gaudí au début du XXe siècle.
Au fil des siècles, les édifices religieux anciens ont souvent été remis au goût du jour. Ce fut particulièrement au XVIIe et XVIIIe siècle au faîte de l’art baroque. Dorures et enluminures furent ajoutées sans mesure selon les exigences du moment. Ces parures et l’implantation de magnifiques coeurs au centre des édifices ont souvent bloqué les perspectives majestueuses de ces édifices aux lignes élancées. C’est le cas ici.

Contrairement à la cathédrale de Léon où les architectes du XIXe ont eu l’intelligence pour redonner à l’édifice son apparence d’origine en démontant l’immense retable de style baroque, ici tout est demeuré en place, camouflant aux visiteurs les perspectives devant être celles du pur style gothique.

Le palais épiscopal dessiné par Gaudí a fait un tel scandale à l’époque, que l’édifice a été abandonné par l’évêché et transformé en musée en mémoire de son architecte.

Ponferrada

La route d’accès à Ponferrada est montagneuse. Les Romains déjà exploitaient des mines d’or et de charbon dans la région. La terre est rouge. Les templiers y ont construit un château fort toujours présent. Une bibliothèque et un centre de recherche dédié aux manuscrits du moyen-âge y sont implantés. Un lieu d’hébergement des pèlerins depuis le XIIe siècle, la commune possède une auberge de 200 places pour les marcheurs d’aujourd’hui. L’aire de camping-car est contiguë à l’auberge, ce qui nous a permis d’observer l’arrivée des pèlerins complètement épuisés en fin de journée, mais pour la plupart, le sourire aux lèvres.

Villafranca-del Bierzo

Autre étape sur le chemin de Santiago, Villafranca est toujours parsemé d’édifices religieux monumentaux compte-tenu de la dimension de la ville.Un château, toujours en partie habité domine la ville à proximité de l’auberge qui accueille les pèlerins. La ville est entièrement construit en pente avec de nombreuses petites rues convergents vers la place centrale. Des vignobles parcours le pentes environnantes. Un feu semble avoir, assez récemment, ravagé tout un pan de la colline bordant la ville. Depuis quelques jours, il fait très froid la nuit et au petit matin. Le soleil ne se lève jamais avant 7h30 et il fait 7 ou 8 degrés à cette heure. heureusement, le soleil réchauffe rapidement l’atmosphère et la température atteint 26º C en après-midi.

Santiago de Compostela 

La destination ultime de tous ces marcheurs et cyclistes est Sain-Jacques-de-Compostelle. À son approche, la ville est très moderne avec son réseau de routes et d’autoroutes, ses constructions récentes et ses centres commerciaux. Il faut rejoindre la vieille ville pour se plonger dans l’atmosphère du pèlerinage et rencontrer les centaines de pèlerins qui terminent leur marche sur le parvis de l’église devant la gigantesque place «do Obradoiro».

La cathédrale dont la construction débuta en 1074 est impressionnante par ses dimensions, mais aussi en raison de son maître hôtel gigantesque de style baroque et de ses nombreuses chapelles entourant le coeur. La façade de l’édifice de style baroque est flanquée de deux immenses clochers en plus d’une tour surmontée d’une horloge, le tout encadré d’un côté par un cloître et de l’autre par le palais épiscopal.

Le sublime aurait été sans doute de loger à l’hôtel de los Reyes Católicos (5 étoiles) face à la cathédrale, malheureusement il n’acceptait pas les camping-cars dans sa cour!

Malheureusement, nous ne pouvons vous présenter de photos de Villefranche et de Santiago, car j’ai perdu toutes les photos par une erreur de manipulation lors du transfert sur mon ordinateur. Il vous reste à consulter les sites internet pour ces deux destinations.

Rencontre

Lors de notre passage à Gijón dimanche dernier, la ville était au repos comme toute l’Espagne le dimanche. En faisant une marche, nous avons croisé un jeune homme qui poussait un curieux chariot, mi-carrosse pour bébé, mi-coffre de voyage. Le marcheur se nomme Charlie Uldahl Christensen. Il est originaire du Danemark d’où il est parti à pieds il y a quatre mois. Son périple doit se poursuivre sur une période de trois ans. Il marche pour défendre une cause, soit la protection de l’eau. En fait, il réalise un pèlerinage dans un but philanthropique. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter www.walkingforwater.dk

Voici les coordonnées de Charlie :
www.facebook.com/Charlieswalkforwater
charlieuc@live.dk
45 5073 7984

Bonne semaine.

samedi 26 septembre 2015

Maintenant l'Espagne - San Sebastian et Bilbao

Nous avons profité du bord de mer à Anglet pendant quelques jours. Le temps ayant alterné entre magnifique soleil et coup de vents accompagnés de pluies importantes. Quel plaisir de respirer l’air marin à pleins poumons!

C’est donc un peu à regret que nous avons quitté Anglet, pour nous diriger vers l’Espagne en début de semaine.

San Sebastian

Premier arrêt à San Sebastian, exceptionnel centre balnéaire situé autour d’une baie magnifique protégée de la houle de l’Atlantique par de petites îles situées à proximité. Cette magnifique ville a atteint sa renommée à la fin du XIXe siècle lorsque la reine Marie Christine de Hasbourg y fit construire sa résidence d’été. Encore aujourd’hui, l’aristocratie espagnole y séjourne, à preuve les nombreuses boutiques de luxe établies dans le quartier commerciale. Un lieu vraiment magique qui donne le goût de s’y établir.

Quel contraste avec le côté français du Pays basque ! Outre la langue, tout y est différent.
L’architecture, l’aménagement urbain et les habitudes de la vie quotidienne. Ici nous déjeunons à 15h et dînons à 22h.

Nous avons été charmés par le cadre du paysage maritime entouré de montagnes, l’aménagement urbain et surtout de la verdure omniprésente et de la propreté des rues et des lieux publics. De plus, à cette époque de l’année nous avons eu droit au tapis rouge du festival des films du monde qui se tient chaque année depuis 1953.

Des pistes cyclables sont aménagées le long des principales artères et un service de transport en commun efficace est disponible commodément. L’aire de camping-car étant à proximité de l’université, il a été très facile de joindre le centre de la ville et le quartier historique avec les nombreux circuits d’autobus offerts à proximité. De plus, nous y sommes retournés en marchant trois kilomètres, dont la principale partie du trajet se réalise sur la magnifique promenade de marbre surplombant la baie. Il est aisé d’imaginer le décor un peu victorien à l’époque de la reine Marie Christine de Hasbourg. L'architecture moderne y a également pris racine, principalement dans le quartier universitaire.. Quelle belle ville!


Nous reprenons la route en direction de Bilbao. La ville étant située le long de cours d’eau au creux de falaises élevées, notre GPS nous a conduits dans la montagne à la recherche de l’aire de camping-car où passer la nuit. Quelle surprise de découvrir le magnifique panorama surplombant la ville offert à partir de l’aire municipale, mi-urbaine, mi-campagne ! Sûrement un des plus  beaux emplacements que nous ayons eu la chance de fréquenter jusqu’à maintenant, et ce, malgré son prix surprenant (15 euros).

Bilbao

Ancienne gare de trains
Bilbao c’est avant tout le musée Guggenheim, mais pas seulement. L’autobus qui nous a amenés au centre-ville depuis les montagnes nous a laissés au bord de la rivière juste à l’entrée de la vieille ville. Les bords de rivières aménagés en large promenade nous ont conduits jusqu’au musée situé dans la partie moderne de la ville. Au plan architectural, c’est vraiment hors du commun. En fait, le bâtiment n’est que courbes et reflets de la lumière sur des panneaux semblables au titane. De l’intérieur, son immense atrium de verre nous laisse découvrir chacun des étages et chacune des salles reliées entre elles par des passerelles créant ainsi une atmosphère de fourmilière.

Des oeuvres permanentes appartenant à la fondation Guggenheim (New York, Venise et Bilbao) sont exposées autour du bâtiment. Les oeuvres proposées  en exposition temporaire cette année sont celles de Jeff Koons et de Jean-Michel Basquia, deux artistes américains.

Cependant, Bilbao c’est aussi ce contraste entre l’ancien et le moderne. Une vieille ville débordant d’activités avec ses ruelles aux maisons dotées de galeries couvertes et de bars à tapas appelées «pintxos» au Pays basque et une cité ultramoderne avec ses édifices de verre à l’architecture originale et son tram sillonnant autant la partie moderne, le centre commerçant que les abords de la veille ville. Une ville grouillante, bruyante et dont la majorité de la population habite les collines environnantes. Peut-être en raison des trop grands contrastes, il nous est très difficile de qualifier cette ville de belle. Elle est plutôt surprenante.

Art moderne et contemporain


Au risque de créer la controverse au sein de mes lecteurs, je dois cependant dire que les expositions Koons et Basquia que nous avons visitées au musée Guggenheim ne nous ont pas enthousiasmées malgré leur gigantisme et le cadre dans lequel elles se tiennent.

Il faut dire que j’ai toujours eu énormément de réserves concernant cette forme d’art. Je respecte ceux et celles qui s’enthousiasment à la vue de graffitis ou de Mickey Mouse en verre, qui atteignent des prix inimaginables sur les marchés de New York ou de Venise, mais je n’arrive pas à m’ouvrir à cet aspect de deuxième ou troisième niveau qui donnerait son vrai sens à ces oeuvres, même avec un audioguide explicatif.

Je continue à penser que le succès de ces artistes est attribuable à une certaine faction de la société qui a la capacité de débourser des millions en misant sur la plus-value éventuelle de l’artiste et d’une autre faction, qui aspirant à la richesse et au pouvoir, porte une attention déraisonné à ces artistes qui deviennent des vedettes de la chose.

Je sais que l’on me traitera de passéiste, mais je préfère consacrer mon temps à l’étude et à la contemplation des oeuvres anciennes et conventionnelles  nécessitant un talent et une maîtrise du dessein et de la couleur, depuis le XIIe jusqu’à maintenant.

Carnet camping-car

Voyager en camping-car nécessite une certaine discipline et surtout de consacrer du temps à la logistique. Entretien du véhicule, vidange et plein d’eau, épicerie, cuisine, planification des étapes, recherche des aires de stationnement, sont autant d’activités requérant temps et efforts. C’est pourquoi nous nous donnons deux conditions essentielles pour apprécier cette forme de voyage. La première, c’est d’avoir le temps. Si nous n’avions que trois semaines de vacances avec un itinéraire et un programme de visites chargé, la partie consacrée à la logistique serait sans doute un fardeau. Pour notre part, comme nous voyageons à long terme, nous réservons des poses (des vacances de vacances!) nous permettant de réaliser les tâches d’entretien obligatoire et de prendre du repos nécessaire à la suite de plusieurs jours de déplacement et de visites de villes et de lieux historiques nécessitant la plupart du temps beaucoup de marche. J’ai entre autres toujours considéré la visite de musées comme un sport quasi extrême pour les jambes, les pieds et le dos.

À très bientôt.

vendredi 27 janvier 2012

Cordoba, Andalousie, Espagne


L'air est très frais en cette matinée de janvier. Quel contraste avec la côte méditerranéenne! Nous traversons le Guadalquivir sur ce pont piétonnier pour rejoindre un des plus beaux centres historiques d'Europe. Difficile à croire que les troupes de Napoléon ont saccagé la ville en 1808. Devant, nous apercevons au loin un trésor architectural extraordinaire, la mosquée-cathédrale, également connue sous son ancien nom de grande mosquée de Cordoue (Mezquita de Córdoba). 
La mosquée-cathédrale se présente aujourd'hui sous la forme d'un vaste quadrilatère
d'environ 180 m de long sur 130 m de large, comptant dix-neuf nefs
et plus de 850 colonnes surmontées par des chapiteaux de styles différents.
D'abord, temple romain qui devint église, puis mosquée, elle fut ensuite érigée en cathédrale. C'est un monument majeur de l'architecture islamique, témoin de la présence musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle. Elle est connue dans le monde entier pour être le monument le plus accompli de l'art des Omeyyades de Cordoue. Convertie en église au XIIIe siècle après la Reconquista par le roi Ferdinand III de Castille, elle est depuis lors l'église cathédrale du diocèse de Cordoue.


Moitié mosquée, moitié cathédrale, l'enfilade de colonnes et d'ogives multicolores nous laisse pantois d'admiration. Comment ne pas remercier les personnes, qui dans leur sagesse, ont préservées cette architecture monumentale malgré le fanatisme religieux de l'époque. Ce lieux est unique de part la mixité de ses influences religieuses. Difficile de mettre un terme à notre visite tant ce que nous voyons est éblouissant.

Son centre historique est classé depuis 1994
au patrimoine mondial de l'UNESCO
C'est au détour de l'une de ses ruelles que nous découvrons la synagogue construite en 1315, dans le style de l'architecture mudéjare, inspirée à la fois par les architectures chrétienne et musulmane. Après l'expulsion des juifs d'Espagne, en 1492, le bâtiment fut dévolu à divers usages, comme un hôpital ou une chapelle, avant de devenir monument national et d'être restauré, à la fin du XIXe siècle.
La synagogue de Cordoue La salle de prière mesure 7 x 6 m.


mercredi 28 décembre 2011

Andalousie

Nous effectuons un séjour exploratoire dans la région d’Andalousie en Espagne. Du balcon de notre hôtel situé en bord de Méditerranée, nous pouvons voir au loin la Sierra Nevada recouverte de neige et de petits voiliers blancs naviguer sous le ciel bleu azur. Málaga, Córdoba, Granada, Séville, sont autant de lieux chargés d’histoire de l’ancienne Al-Andalus qui motivent notre voyage hivernal dans cette région. Al-Andalus est le terme qui désigne l'ensemble des terres de la péninsule ibérique et de la Septimanie qui furent sous domination musulmane au Moyen Âge (711-1492). L'Andalousie actuelle, qui en tire son nom, n'en constitua longtemps qu'une petite partie. La conquête et la colonisation du pays par les Maures furent aussi rapides qu'imprévues et correspondirent à l'essor du monde musulman. Al-Andalus devint alors un foyer de haute culture au sein de l'Europe médiévale, attirant un grand nombre de savants et ouvrant ainsi une période de riche épanouissement culturel. Nous résidons à l’hôtel  Pez Espada situé à la frontière des communes de Torremolinos et Benalmeda sur la Costa del Sol.