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lundi 9 octobre 2017

Le facteur Cheval, vous connaissez?

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.

Cette fois, c’est dans la Drôme à Hauterives que nous croisons l’étrange et l’inhabituel. En effet, c’est dans cette petite ville que se dresse le palais idéal du facteur Cheval. Joseph Ferdinand Cheval (1836-1924), facteur de son état, avait un rêve, celui de voyager de par le monde. Malheureusement, sa condition ne lui permettait pas de réaliser ce rêve. C’est en livrant le courrier composé souvent de cartes postales et de revues de voyage provenant de partout à travers le monde que l’inspiration lui vient afin de construire dans sa cour un palais gigantesque représentant des temples et des bâtiments de partout au monde.
Le facteur Cheval devant son œuvre unique.

Il consacrera 33 ans de sa vie, soirs et week-ends, soit 93 000 heures à la réalisation de son palais idéal. Dès 1905, les premiers visiteurs se présentent et c’est monsieur Cheval en personne qui les accueille et présente son œuvre architecturale. Dans les années 30, après sa mort, le monde des artistes s’y intéresse et y reconnaît une œuvre d’art brut unique. André Breton, Pablo Picasso et Max Ernst seront parmi les visiteurs. Travail d’un seul homme, cette œuvre est à la fois surprenante et inspirante, pour qui comme nous a la passion du voyage et de la découverte. (www.facteurcheval.com)








Joseph Ferdinand Cheval (1836-1924)

Camping-car

Le village de Hauterives met à disposition une aire de camping-cars avec services à proximité du village, au pied du château et à distance de marche du site du Palais idéal. Malheureusement, lors de notre passage, le site était occupé par des forains.

lundi 19 juin 2017

Croatie - De Pula à l'île de Cres, puis à l'île de KrK

Pula, Istrie

L'amphithéâtre romain
Au centre de cette belle ville balnéaire, évidemment idéalement positionné par les Romains, un magnifique amphithéâtre  datant du 1er siècle. On dit qu’il est un des mieux conservés du monde romain. Bien que monumental, ce n’est d’ailleurs pas le seul vestige de cette ville qui fut vénitienne, avant d’être reprise pendant un court laps de temps par les Français au XVIIIe et devenir un chantier naval important sous la gouverne de l’Empire austro-hongrois au XIXe, ce qu’elle est toujours.

En résumé, nous avons apprécié cette ville pour son positionnement stratégique directement sur l’Adriatique (notre première baignade), son atmosphère méditerranéenne et le sentiment de vivre l’histoire en direct.
Temple d'auguste (1er siècle)
Très similaire à celui de Nîmes en France

La porte d'Hercule (1er siècle av.-J.C.)

Camping-car

Nous avons choisi le camping Village Stoja situé directement sur l’Adriatique. Très facile de rejoindre le centre historique avec le bus municipal en face de l’entrée du camping. J’en profite pour préciser qu’une taxe touristique et des frais administratifs (!) représentant 2 ou 3 euros sont ajoutés à la tarification ACSI dans presque tous les campings.

L’île de Cres


Depuis Pula, nous avons suivi la côte en direction de Rijeka jusqu’au traversier qui nous a amenés sur l’île de Cres. En descendant du traversier, nous attaquons immédiatement une montée sur une petite route en lacet, bordée de murets de pierres plates et de genets en fleurs qui embaument agréablement l’environnement. Ce gros caillou nous donne l’impression d’être complètement désertés tellement le paysage est aride, parsemé de rochers gris et d’arbres rabougris et tordus par le vent. Des deux côtés de la route, tout en bas, la mer turquoise nous éblouie. Nous en avons plein la vue malgré l’attention constante nécessaire à garder le camping-car sur la petite route qui traverse l’île de part en part. Nous nous poserons à Osor après avoir franchi le petit pont tournant qui nous amène sur l’île de Lojing, sa voisine.

Osor


Magnifique et minuscule village parsemé de maisons de pierres plates. Quelques ruelles où sont disposées des sculptures de bronze modernes. Le village accueille chaque année un festival. En ce mois de juin, il est désert. Seuls les vestiges d’une chapelle nous rappellent que ce lieu a été au moyen-âge le site du monastère bénédictin Saint-Pierre fondé au début du XIe siècle. Il figurait parmi les abbayes les plus importants de la côte orientale de l’Adriatique. Aujourd’hui, il ne reste que quelques vestiges mis à jour lors de fouilles effectuées en 2006 et la mer et le calme insulaire.
Site du monastère bénédictin (XIe siècle)


Mali Losinj


Encore un joli village construit en flanc de colline, dont chacune des ruelles conduit au port. Celui-ci, de forme triangulaire est bordé de jolies demeures construites à l’époque par les riches armateurs qui y habitaient. La plupart sont maintenant envahies par des bars et restaurants. 

Camping-car

Nous avons choisi de nous poser à proximité d’Osor au camping Lopan à Nerezine à un kilomètre d’Osor, le temps de visiter l’île. Nous croyions pouvoir utiliser nos vélos. Erreur! La route est tellement étroite et la circulation des camions intense, que nous avons décidé de laisser les vélos dans la soute et de marcher. Même à pieds, l’expérience n’est pas sécuritaire et même déplaisante.

L’île de KrK


Au départ de Cres, nous avons une nouvelle fois emprunté le traversier pour rejoindre l’île de Krk située à l’est, mais toutefois beaucoup plus petite que celle-ci. Elle comporte une des plus grandes plages de Croatie.

Faute d’originalité, la principale petite ville de l’île se nomme également Krk. Capitale de l’île, elle a conservé un centre ancien fortifié qui domine l’océan.

Camping-car

Situé sur une colline à distance de marche du centre historique, le camping Bor (ACSI) fut notre point de chute.


Afin de faciliter la compréhension de notre itinéraire sur cette côte Adriatique de Croatie, composée de centaines d’îles et de baies découpées dans le roc, j’ai ajouté un extrait d’une carte touristique où notre circuit est marqué en rouge. Vous pouvez double-cliquer sur la photo pour l’agrandir.

Notre circuit en rouge

dimanche 4 juin 2017

Venise, la surprenante

N'ayez pas peur ! C'est de l'art contemporain à Venise.

Venise

Nous n’en sommes pas à notre première visite de Venise. Quel beau souvenir qu’est la découverte de la vue sur le grand canal en débarquant du train ou de l’autobus à Piazzale Roma! Cauchemar! Nous arrivons par la route depuis Vérone. Nous avons traversé la campagne vénitienne avec ses vignobles et ses champs verdoyants en ce début d’été pour finalement déboucher sur une vision d’horreur à l’approche de Mestre et de Venise. Nous sommes plongés dans un décor post-industriel composé de cheminées crachant le feu, de bâtiments industriels sans âme, parfois abandonnés, d’immenses réservoirs ressemblant à de gigantesques tambours, dont le fil d’Ariane est un réseau de routes, d’autoroutes et de voies ferrées inextricables. Heureusement, après avoir tourné dans ce dédale sans fin, nous nous sommes échappés de nouveau vers la campagne où nous avons finalement trouvé un camping familial calme et ombragé. Nous avions enfin échappé au monstre de fer et d’acier pour retrouver la Venise des canaux et des palais que nous connaissions.

Rien n’a vraiment changé, à l’exception peut-être du flot grandissant de touristes débarquant tous les matins dans la cité des Doges et se bousculant au pied des escaliers des ponceaux qui enjambent les centaines de canaux. Heureusement que nous y avons déjà vécu quelques semaines pour savoir que la ville n’est pas seulement un immense musée, mais également une ville où vit une population permanente dans des quartiers excentriques et en partie protégés des touristes d’un jour. Pour nous en assurer, nous avons fait une courte visite de la Grande Scuela, devenue l’hôpital de Venise où l’histoire côtoie la technologie moderne et il y avait bien des Vénitiens en attente de services



La biennale d’art contemporain est maintenant ouverte. Des expositions sont réparties sur de nombreux sites, tous plus flamboyants les uns que les autres. Tantôt un palais, parfois une chapelle ou une église. Nous en avons visité quelques-unes. Nous avons vu de tout. Depuis la beauté stylistique, jusqu’au plus choquant ou encore véritablement incompréhensible. Je ne vous ferai pas un long discours sur ce sujet, mais je vous dirai que j’ai particulièrement aimé l’installation intitulée « Fuck Yourself Art » dont je vous invite à lire le manifeste ici qui alimente la controverse entre l'art et l'argent, dont les sommes fantastiques payées pour certaines oeuvres actuellement.

Voici quelques photos en vrac :



L'artiste jeune

L'artiste maintenant

L'artiste en pièces détachées 

Puis nous sommes retournés à l’histoire en visitant à nouveau le blanc palais des Doges , le pont des Soupirs et son immense et lugubre prison. Je n’aurais pas aimé être emprisonné à cette époque ! Suivi du musée Correr, où les appartements autrefois occupés par l’impératrice Sissi et son mari, ont été restaurés et ouverts au public depuis notre dernière visite.

Cour intérieure du palais des Doges

Vue depuis l'intérieur du pont des Soupirs
en route pour la prison...


Chantal à la table de Sissi




Treasures from the Wreck
of the Unbelievable
Toujours dans le domaine de l'art contemporain, vous savez sans doute que Monsieur Francois Pineault, fondateur du holding Artémis et du groupe Keringest (ex-groupe Pinault-Printemps-Redoute), un riche et influent collectionneur d'art avait ouvert deux musées à Venise, l'un dans les anciens entrepôts de la douane (Punta della Dogana) et l'autre au palais Grassi afin d'y exposer ses collections. Depuis, la ville de Paris lui a octroyé l'autorisation de rénover l'ancienne Bourse de Commerce dans le quartier des Halles afin d'y aménager un musée. Ainsi, une partie des collections exposées à Venise seront rapatriées à Paris (un catalogue estimé à 3500 oeuvres) en 2018 ou 2019. Dans l'immédiat, j'ai visité une formidable et monumentale exposition de l'artiste Damien Hirst intitulée « Treasures from the Wreck of the Unbelievable » et répartie sur les deux sites. Dix ans de travail auront été nécessaires pour que l’artiste mène à bien ce projet artistique extraordinaire, au sens littéral du terme, narrant l’histoire du vaisseau antique ‘Unbelievable’, de son naufrage et de la découverte de sa précieuse cargaison : l’impressionnante collection de Aulus Calidius Amotan, un esclave affranchi plus connu sous le nom de Cif Amotan II, destinée à un temple dédié au soleil. Tout provient de l'impressionnante imagination de l'artiste.

Un géant sur deux étages
Oui, oui, il y avait un Mickey
dans l'antiquité selon Hirst !








Même en voyage, il faut savoir se détendre

J'ai eu la surprise de recevoir cette superbe animation musicale une journée où nous étions posés au bord de l'Adriatique. Une preuve que le post-modernisme peut être beau et surprendre. Si vous le pouvez, je vous recommande de regarder cette vidéo en plein écran.
Enjoy!


jeudi 1 juin 2017

Milano, Certosa di Pavia, Lago del Garda

Milan


Devant l’impossibilité de trouver une aire de camping-car ou même un camping à proximité de Milan, nous nous sommes résolus à nous arrêter dans une aire de camping-car aménagée par la commune de Saronna au nord de la ville. De là, nous avons pu rejoindre le centre de Milan en train. Il s’agit sûrement de la meilleure formule, car nous avons réalisé qu’il était à peu près impossible de circuler au centre-ville dont de nombreuses rues sont piétonnières ou réservées aux trams.

Chantal et sa Ferrari via Napoleone
La dernière mode en matière de sac
C’est notre première visite dans cette ville et nous avions hâte de voir cette capitale de la mode et du luxe. Pour le luxe, il faut arpenter la via Napoleone. Toutes les grandes marques et les plus prestigieux designers y ont pignon sur rue. Sortez vos bourses, car il n’y a que du beau et du cher ici! C’est quand même beau le cher, n’est-ce pas?

Bon, une fois cette rue et ce quartier arpentés dans tous les sens, nous avons découvert la Galleria Victoria Emmanuel, son immense verrière et ses superbes mosaïques. Un magnifique temple de la consommation élevé avec le plus grand style au XIXe. Mais, nous n’avions encore rien vu dans le domaine de la beauté artistique jusqu’à ce que nous soyons devant la cathédrale construite entièrement de marbre blanc, éblouissant au soleil d’après-midi.

Là, nous sommes tombés sur le c…. Nous en avons vu de nombreux et prestigieux édifices religieux depuis que nous écumons les routes d’Europe, mais cette fois-ci nous avons été sidérés par la beauté de cette façade semblable à de la dentelle blanche parsemée de nombreuses et immenses statues sculptées dans la pierre. Malgré la foule et la chaleur, nous y avons passé un très long moment admiratif. La beauté n’a sûrement pas été inventée au XXIe siècle!

La Scala
Parmi nos sujets de prédilection pour Milan il y avait évidemment la Scala, le temple mondialement renommé de l’art lyrique. Un peu décevant ce bâtiment carré et austère. Rien à voir avec ce qui s’y produit à l’intérieur.


Parmi les nombreuses offres muséales de la ville, nous avons choisi de visiter la Pinacoteca di Brera située dans le charmant quartier du même nom. Nous y étions un dimanche et un marché d’antiquaires s’y tenait le long des petites rues moyenâgeuses à travers les terrasses des bars et des petits restaurants. Un vrai charme. Adossé au «Palazzo» qui héberge le musée, se trouve un jardin botanique qui sert de laboratoire à l’université et qui accueille les promeneurs. Quelle belle surprise de découvrir ce havre de tranquillité où la science botanique côtoie la beauté des fleurs!

Murale monastère San Maurizio
Nous n’avons pu résister à la tentation de visiter l’église du monastère San Maurizio  de style renaissance, couverte de fresques et dont le cloître accueillait un concert de piano. Quelle belle manière de relaxer en cette fin d’après-midi au centre d’une grande ville!

Portail église San Ambrogio
Finalement, nos derniers pas nous ont permis de découvrir l’église San Ambrogio, fondée par Saint Ambroise au 4e siècle. Le temple est de style roman, construit entièrement de briques rouges et possède un gigantesque portique couvert de fresques.

Nous voulions visiter cette ville depuis longtemps et nous ne l’avons vraiment pas regretté, même si les aménagements pour accueillir les campings-caristes sont inexistants.

Camping-car


L’aire de Saronna est située dans un quartier industriel un peu à l’écart de la ville. Il faut compter un kilomètre pour atteindre la gare. À notre grande surprise, nous avons reçu la visite d’un préposé de la mairie qui nous a remis des informations sur sa ville et incroyable, une petite bouteille d’Amareto qui est la boisson locale. Viva Italia!

Certosa de Pavia


La chartreuse de Pavie était rangée dans un coin de ma mémoire depuis toujours. Le problème c’est que je ne sais pas pourquoi! Alors, lorsque j’ai vu ce nom de Certova de Pavia sur notre itinéraire, j’ai décidé de m’y arrêter en convainquant Chantal que nous allions sûrement y découvrir quelque chose d’un peu spécial, sans savoir quoi!

Spécial en effet, ce lieu situé au milieu des terres agricoles et dont l’accès est pour le moins discret. Est-ce ouvert au public? Après avoir marché quelques centaines de mètres, nous traversons un portique sans rencontrer âme qui vive. Finalement, nous découvrons une fantastique façade d’église sculptée. Ce monastère cistercien des XVe et XVIe siècles de style gothique est particulier, car il a été construit par de riches familles lombardes pour accueillir un maximum de 24 moines. Chacun disposait d’une maisonnette surplombée d’un clocheton et annexe à un petit jardin privé devant favoriser la réflexion. L’ensemble de ces maisonnettes est arrangé autour d’un magnifique cloître. Encore une surprise au milieu de la campagne lombarde. Il est quand même étrange que l’accès au site soit complètement en friche et que certains bâtiments juste avant le portique d’accès soient à l’abandon. Personne n’a pu nous renseigner.

Camping-car


Juste en face de la Chartreuse, à quelques centaines de mètres, une aire de camping-car avec services a été aménagée.

Le lac de Garde


En route pour Vérone nous avons fait un arrêt à Peschiera del Garda aux abords du magnifique lac de Garde. Ce lac a des airs de lac Léman en Suisse avec sa belle promenade aménagée depuis le village. À l’époque romaine, une via importante passait par ce village, ce qui donnait accès au commerce avec les peuples situés au nord. C’est sans doute pourquoi au travers des ruelles commerçantes on trouve encore aujourd’hui des vestiges de maisons romaines.

Camping-car

Une aire de camping-car avec services est située au centre du village. De nombreux campings bordent le lac. Avec la carte ACSI hors saison, le coût est quasi le même.