dimanche 20 janvier 2019

Une pause nécessaire

Chantal à Antequerra
Somme toute, l’année 2018 fut une pause nécessaire dans notre carrière de voyageurs. Comme dans la vie active de la plupart des gens que ce soit au plan professionnel ou personnel, nous avons au cours de cette année, procédé à différents ajustements matériels afin de nous donner les ressources et la logistique nécessaires à nos fréquents et souvent longs séjours à l’étranger.

Nous avons donc terminé notre long séjour en Andalousie (voir notre dernier article à ce sujet) au printemps dernier pour retourner à la maison régler nos affaires personnelles et revoir la famille et les amis.

La Costa del Sol

Cathédrale de Malaga
Le principal avantage de ce séjour dans le sud de l’Espagne pour fuir les rigueurs de l’hiver québécois fut la proximité des villes historique et culturelle aux traditions religieuses fortes et pittoresques. Nous gardons un excellent souvenir de villes telles que Séville, Ronda, Cordoue, Grenade, mais aussi de plus petites villes et villages comme Antequerra ou Mijas à proximité de Malaga. Lors de la semaine sainte, nous avons également été impressionnés par les défilés des confréries avec leur cortège de participants portant les immenses statues de leur saint préféré à travers la vieille ville au son d’une musique monocorde quasi mortuaire disparaissant sous un nuage d’encens.

Notre séjour fut également marqué par les rencontres que nous y avons faites. Nous pensons particulièrement à notre voisine de palier, Maryline originaire de Belgique, qui nous a si souvent dépannées et qui est devenue une amie. Également à Francine et Jean-François, d’anciens collègues croisés par hasard sur le Paseo Maritimo de Torremolinos et avec qui nous avons eu le bonheur de partager notre table.

Logistique

En ce qui concerne le climat de la Costa del Sol en hiver, il faut savoir que les nuits sont très fraîches, que le mercure peut atteindre 23C en milieu d’après-midi. Bien que le soleil soit omniprésent, le vent provenant des montagnes est aussi très souvent présent et contribue au refroidissement des températures. Comprenons-nous; ce ne sont pas les tropiques. C’est pourquoi il est essentiel de sélectionner la location d’un appartement ou d’une maison dont la terrasse est orientée au sud pour bénéficier au maximum de l’ensoleillement et être à l’abri des vents dominants pendant la journée. Surtout sélectionner un appartement équipé d’un système de chauffage performant. Généralement, les propriétaires d’appartement s’équipent de thermopompes offrant climatisation et chauffage à un prix raisonnable, car l’énergie électrique est très dispendieuse.

Il faut également prévoir des vêtements chauds (style hiver) lors des excursions dans la campagne andalouse ou encore lors de la visite des villes historiques à l’intérieur du pays.

En conclusion, nous y avons trouvé un environnement historique et culturel stimulant, un climat acceptable en cette période hivernale, mais sans doute pas une destination définitive où fuir l’hiver québécois au cours des prochaines années.

samedi 3 mars 2018

Malaga et ses musées

Notre appartement étant situé à une vingtaine de kilomètres de Malaga et à proximité de la station du train qui nous dépose en quelques minutes à l’entrée du coeur historique de la ville, nous sommes en mesure de faire de nombreuses escapades afin de découvrir la richesse culturelle de cette ville. Afin d’encourager la population à développer et maintenir sa fibre culturelle et sa connaissance de son histoire, la ville offre l’entrée gratuite dans tous les musées qui sont sous son autorité. 
C’est ainsi que nous avons découvert, lors d’une promenade sur l’avenue principale bordée de magnifiques arbres plus que centenaires, mais  quelque peu encombrée en raison des travaux occasionnés par le prolongement du métro, deux expositions offertes gratuitement au public et logées au rez-de-chaussée d’un immeuble public. C’est derrière d’immenses portes de bois habituellement fermées et qui contiennent les archives municipales que s’est dévoilée à nous l’exposition «Paysages et églises de Bratislava» qui regroupe des peintures et dessins représentant la ville à diverses époques ainsi que nombre de ses magnifiques églises. L’autre exposition accueille les oeuvres du peintre slovaque Alexander Godány.

De plus, après quelques visites au bureau touristique de la ville, Chantal a découvert que plusieurs musées de la ville offraient des entrées gratuites le dimanche. Nous avons donc entrepris de consacrer nos dimanches à ces visites.

Le musée municipal de Malaga.

Situé dans l’ancien bâtiment des douanes, qui fut récemment entièrement rénové, nous accédons au bâtiment par une entrée monumentale menant à un patio intérieur typique des bâtiments espagnols principalement en Andalousie. Cette architecture de style mauresque me rappelle celle de nombreux palais de Mexico City que j’ai découvert il y a quelques années ainsi que celle des maisons traditionnelles dans les casbahs du Maroc visitées il y a deux ans. Derrière l’austérité des façades, nous découvrons la douceur de vivre intérieure agrémentée de bassins d’eau, de fontaines et d’arbres dégageant à la fois ombre et doux parfums.

José Jiménez Aranda (1837-1903), Esclave à vendre,
Seville vers 1892-1897, huile sur canevas.
Ce musée présente à la fois une intéressante collection archéologique d’objets recueillis sur le territoire de la province de Malaga et une collection de peintures majoritairement de peintres natifs de la ville ou de paysages et de personnages de la ville à différentes époques.
Un nombre important de découvertes archéologiques dans la région de Malaga ont été faites vers le milieu du XIXe siècle. Plusieurs de ces objets ont été acquis par le Marquis Jorgue Loring Oyarzábal et son épouse, la Marquise Amalia Heredia Livermore. Jorgue Loring Oyarzábal était le fils d’un homme d’affaires américain qui s’établit dans la région au début du XIXe siècle  afin de mettre en place une structure de commerce entre l’Espagne et les USA. Il fit sa fortune dans les mines, les chemins de fer, la finance et même dans le journalisme. Amalia Heredia Livermore était la fille du riche homme d’affaires et légendaire industriel Manuel Agustin Heredia. Tous les deux étaient passionnés d’archéologie, de littérature et de botanique et parmi les personnes les plus érudits de la bourgeoisie de Malaga. À terme, ils avaient créé dans leur domaine de campagne «La Conception»  situé juste à l’extérieur de Malaga une des plus belles collections privées de toute l’Espagne. Malheureusement, après leur décès et la vente du domaine, de nombreux objets disparurent et pour les plus gros, furent laissés sur place. Un nombre important  d’objets fut acheminé au Musée provincial d’archéologie de Malaga à son ouverture en 1947, ce qui fut l'embryon de l’actuelle collection du Musée de Malaga. 


Le musée de l’automobile et de la mode.

C’est dans une tout autre perspective que nous avons visité ce musée. L’exposition, combinant le point de vue du design et de l’histoire, réunissant des marques de prestige comme Bugatti, Bently, Jaguar, Rolls-Royce, Ferrari, BMW et Hispano-Suza avec des créations de hautes coutures comme Chanel, Yves Saint-Laurent, Lanvin et Dior, est surprenante.

Confrontés à des intérieurs en cuir d’autruche, des insignes dessinés par Lalique, des tableaux de bord en nacre et bois précieux, des poignées en ivoire et en argent, combinés à des robes, manteaux et chapeaux de haute couture, nous avons passé des heures agréables à imaginer les personnages ayant vécu cette époque de luxe et de frivolité. La grande classe!


vendredi 2 février 2018

TRANSITION


Nous avons quitté l’Europe fin octobre 2017 après avoir vendu notre camping-car. Ce ne fut pas une décision facile à prendre, mais nous désirions après cinq ans d’itinérance sur le continent européen nous diriger vers d’autres destinations, d’autres continents et en utilisant d’autres moyens de voyager en d’autres saisons. Dès notre retour à Montréal, nous préparions notre destination d’hiver afin d’éviter la neige et le froid qui mystérieusement se sont abattus sur Montréal dès le mois de décembre cette année.

Afin de marquer la transition entre notre mode de voyage en itinérance permanente et nos projets, nous avons opté pour un séjour prolongé dans un même lieu qui nous permettra de planifier nos prochains voyages et de rayonner avec les transports en commun vers des destinations touristiques hors saison.


Andalousie

Nous avons choisi un retour en Europe, sur la Costa del Sol dans la région de Malaga, en Andalousie. Nous avons déjà visité cette région à quelques reprises par le passé et nous croyons que nous y découvrirons d’autres merveilles en prenant le temps nécessaire.

Musée Pompidou à Malaga

Les transports

Notre première préoccupation, après avoir pris possession de l’appartement que nous avons loué à Torremolinos, fut de s’informer des moyens de transport disponibles dans la région.

Une ligne de chemin de fer de la RENFRE (Red Nacional de los Ferrocarriles de Espagña) longe la côte de Malaga à Fuengirola avec de nombreux arrêts stratégiquement disséminés dans les principales villes. Nous avons un de ces arrêts à 400m de notre appartement. Ce train de banlieue, qui ressemble à un métro, passe aux vingt minutes dans chaque direction. Ce train dessert autant l’aéroport que la gare de chemin de fer de Malaga ainsi que la gare des autobus connexe et nous amène jusqu’aux portes du centre historique de la ville.

Pour les utilisateurs fréquents du réseau ferroviaire de la RENFRE, il existe une carte rabais (40%) pour les 60 ans et plus que nous avons obtenus pour six (6) euros par carte, ce qui devrait être rentable surtout si nous faisons de longs parcours durant notre séjour dans ce pays.

Un réseau d’autobus (plusieurs compagnies différentes) dessert l’intérieur de l’Andalousie depuis la gare de Malaga. Nous nous sommes procuré les horaires au bureau d’information de la gare, car il ne semble pas exister de répertoire papier de ces horaires.

Il est important de bien s’informer concernant le meilleur moyen de transport à utiliser, car certaines gares de trains sont situées à l’extérieur des villes.

Finalement, dans la ville de Torremolinos qui est construite en pente depuis la montagne proche et la mer, nous avons acheté une carte rabais valide pour dix passages sur le réseau du bus local, ce qui nous évite de grimper jusqu’à notre appartement lorsque nous allons marcher sur le «paseo» qui borde la mer sur des kilomètres. Cette carte est en vente au terminus des autobus de la ville au centre-ville. Depuis ce terminus, des autobus sillonnent également la côte vers Malaga ou à l’opposé vers Marbella, Gibraltar et Algecira, la ville d’où il est possible de prendre le traversier pour le Maroc.

Voilà! Avec ces informations en poche, nous sommes prêts à nous lancer à la découverte et parfois à la redécouverte de cette région du sud de l’Espagne.

jeudi 12 octobre 2017

Surprise à Saint-Antoine l'Abbaye en Isère

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.

C'était en fin d'après-midi où soudainement nous avons aperçu au détour de la petite route nous menant à  Saint-Antoine l'Abbaye la magnifique église de l'Abbaye trônant au dessus du village. Au départ, nous avions choisi cette destination comme offrant une aire de camping-car gratuite en cette fin de journée. Nous ne nous doutions nullement de ce que nous allions découvrir.

Le mur de soutènement devant le parvis de l'église

Ce village a une longue histoire reliée aux reliques de Saint-Antoine ramenées de Constantinople au temps des croisades et à l'ordre des Bénédictins et plus particulièrement aux soeurs et aux frères de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Antoine au service des pauvres et des malades atteints du «Mal des ardents».

L'ergotisme est historiquement connu sous le nom de «mal des ardents», «feu de Saint-Antoine», «feu de Saint-Martial», «peste de feu», «feu sacré», «feu d'enfer». L’intoxication par l’ergot est l'une des explications médicales et psychologiques de certains cas de sorcellerie ou de possession démoniaque. L’ergotisme est une maladie, affectant l'homme ou les animaux herbivores, qui résulte d'une intoxication par l'ingestion d’alcaloïdes produits par l'ergot du seigle. Ces champignons parasitent notamment le seigle, mais aussi d’autres céréales ainsi que des graminées fourragères. De nos jours, l'ergotisme a disparu comme maladie humaine grâce aux techniques modernes de nettoyage des grains, mais reste une maladie dévastatrice dans le domaine vétérinaire.

D'ailleurs, outre l'immense monastère et son abbatiale (XIe et XIIe siècle), le village comporte toujours de nombreux vestiges de cette époque, dont des bâtiments ayant servi d'hôpital ou «hostel» à l'époque médiévale et des noms de rue comme «rue de l'Hôpital des Pauvres».

CAMPING-CAR
La commune offre une aire de camping-car au pied du monastère. Un lieu calme et enchanteur à proximité d'un cours d'eau.

lundi 9 octobre 2017

Le train des gorges de l'Ardèche

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.

Locomotive Mallet de 1932.

Le Doux, affluent de la rive droite du Rhône, a creusé des gorges dans le plateau ardéchois. Entre 1886 et 1891, un millier d'ouvriers y ont construit une voie ferrée étroite et sinueuse ainsi que plus de 300 ouvrages d'art, ponts et tunnels. Les wagons passagers dans lesquels nous avons pris place sont du début du XXe siècle.

Le train sillonne les gorges en montée jusqu'au village de Lamastre (1h30) à partir de la gare de Tournon-St-Jean. Jusqu'à la gare de Boucieu-Le-Roi, le paysage est tourmenté et vaut le coup d'oeil. Par la suite, jusqu'à Lamastre, mis à part quelques vallons, le trajet devient quelque peu monotone. Arrivés à Lamastre à midi, tous les commerces, musées et autres fermaient. Le temps de nous restaurer, nous reprenions le train en sens inverse en direction de Tournon-St-Jean.

En résumé, cette attraction s'adresse prioritairement aux amateurs de trains et aux enfants. Au retour, même les adolescents semblaient s'ennuyer. Partis le matin à 10h, nous étions de retour à notre point de départ à 16h15, quelque peu déçu de la journée. Les paysages sont magnifiques, mais il était inutile d'y consacrer une journée entière, dont trois heures perdues dans une ville (Lamastre) fermée!






Camping-car


Nous avons dormi sur l'immense stationnement de la gare de Tournon-St-Jean la veille de notre excursion ainsi que le soir même à notre retour. Le stationnement est fermé par une barrière à compter de 18h.

Le facteur Cheval, vous connaissez?

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.

Cette fois, c’est dans la Drôme à Hauterives que nous croisons l’étrange et l’inhabituel. En effet, c’est dans cette petite ville que se dresse le palais idéal du facteur Cheval. Joseph Ferdinand Cheval (1836-1924), facteur de son état, avait un rêve, celui de voyager de par le monde. Malheureusement, sa condition ne lui permettait pas de réaliser ce rêve. C’est en livrant le courrier composé souvent de cartes postales et de revues de voyage provenant de partout à travers le monde que l’inspiration lui vient afin de construire dans sa cour un palais gigantesque représentant des temples et des bâtiments de partout au monde.
Le facteur Cheval devant son œuvre unique.

Il consacrera 33 ans de sa vie, soirs et week-ends, soit 93 000 heures à la réalisation de son palais idéal. Dès 1905, les premiers visiteurs se présentent et c’est monsieur Cheval en personne qui les accueille et présente son œuvre architecturale. Dans les années 30, après sa mort, le monde des artistes s’y intéresse et y reconnaît une œuvre d’art brut unique. André Breton, Pablo Picasso et Max Ernst seront parmi les visiteurs. Travail d’un seul homme, cette œuvre est à la fois surprenante et inspirante, pour qui comme nous a la passion du voyage et de la découverte. (www.facteurcheval.com)








Joseph Ferdinand Cheval (1836-1924)

Camping-car

Le village de Hauterives met à disposition une aire de camping-cars avec services à proximité du village, au pied du château et à distance de marche du site du Palais idéal. Malheureusement, lors de notre passage, le site était occupé par des forains.

samedi 7 octobre 2017

Rencontre d’un globe-croqueur dans le Luberon à Lourmarin

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.

Pierre Croux, le globe croqueur.
Dans le Vaucluse, plus spécifiquement au pied du massif du Luberon (celui de Peter Mayle - Une année en Provence), s’élève sur un monticule le village de Lourmarin. Petite cité de caractère avec ses maisons et ses venelles datant du Moyen-Âge. Seuls quelques touristes hollandais et allemands occupent encore les terrasses des bars et restaurants de la rue principale en ce début septembre. Dans une boutique éphémère aménagée dans les anciennes écuries d’une maison de notable, nous avons rencontré un homme au parcours passionnant. Se surnommant lui-même «Globe-croqueur», cet architecte octogénaire parcourt la planète depuis plus de quarante ans (plus de 80 pays visités) afin d’y croquer des scènes de vie à l’aide de ses crayons-feutres. Avec les planches rapportées de ces nombreux voyages, c’est une collection complète d’albums qu’il publie à titre d’auteur et qu’il offre au public dans sa boutique d’un été ou encore sur internet. Je vous invite à consulter le site de Pierre Croux (www.pierrecroux-carnetsdevoyage.com afin d’apprécier le coup de crayon et la pertinence des scènes croquées par ce «Globe-croqueur» dont nous avons aimé les propos pendant l’heure que nous avons passée en sa compagnie. Osera-t-il croquer prochainement le Québec qu’il connaît déjà ?

Le village de Lourmarin
Le château qui domine le village a été
entièrement restauré dans les années 1920.
La particularité de ce château fut d'avoir été un ouvrage défensif au Moyen-Age
et puis d'avoir été agrandi à la Renaissance. Les styles architecturaux de ces
époques ont été conservés pour notre plus grand bonheur visuel.

Camping-car

Il n'y a pas d'aire de camping-car à Lourmarin. Cependant, la commune accepte que nous dormions sur le stationnement du jeu de boules à cette période de l'année. Ce que nous avons fait.


Quelques carnets de voyage de Pierre Croux

vendredi 6 octobre 2017

Le Vercors et le devoir de mémoire

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.

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Durant notre séjour dans la ville de Die dans la Drôme, j’ai rencontré au camping municipal un touriste hollandais qui portait un tatouage sur l’épaule. Le dessin était composé d’une couronne à l’intérieur de laquelle était inscrit un numéro composé de plusieurs chiffres. Profitant du fait qu’il semblait sympathique et de plus qu’il parlait parfaitement l’anglais, je m’enquis de la signification de ce dessin sur sa peau. «Il s’agit du numéro de prisonnier de mon grand-père qui est décédé à Auschwitz durant la guerre». Je ne veux pas que mes enfants oublient!

Chantal sur les routes de la vallée du Vercors
Je ne savais pas que quelques jours plus tard, après avoir grimpé le col de Rousset et nous être posés au village de Vassieux-en-Vercors, nous serions appelés à visiter le musée de la résistance du Vercors.

Juillet 1944, des planeurs venus du ciel déposent des centaines de soldats allemands dans la vallée. Immédiatement, la chasse aux maquisards est entreprise. Il faut savoir qu’au cours des années précédentes, la vallée du Vercors était réputée accueillir un grand nombre de maquisards soutenus par les alliés (armes et munitions) et même par des conseillers techniques  parachutés à proximité.

Malheureusement, la chasse aux maquisards est devenue rapidement une entreprise de destruction et d’assassinat de la population civile en représailles. Vassieux-en-Vercors fut détruite par le dynamitage, les bombardements et le feu à 80% et plus de 70 villageois, hommes, femmes et enfants furent massacrés.
Cimetière et mémorial dédié aux maquisards du Vercors

C’est donc pour commémorer cette triste période qu’un musée de la résistance dans la petite ville de Vassieux, un cimetière et un musée national de la résistance situé dans la montagne ont été implantés afin que ces événements ne soient pas oubliés. Parmi les morts, quelques Canadiens.


Après avoir parcouru quelques kilomètres dans les sentiers de la vallée pour en prendre le pouls, nous décidons de monter dans les alpages de «Font d’Urle» à 1500 mètres. Une randonnée de quelques heures nous fait découvrir des paysages superbes. Sous un magnifique soleil et un ciel sans nuage, un planeur nous survole à la recherche des courants ascendants provoqués par le réchauffement de la roche et les courants d’air le long des falaises tout autour. Quel magnifique oiseau tout blanc dont le seul bruit est celui du déplacement de l’air sur les ailes! Comme le voilier, le vol à voile m’a toujours fasciné en raison de la nécessité de comprendre le vent, de lire le ciel et de composer avec les éléments naturels. L’absence de bruit mécanique contribue également à ma fascination pour ces engins si élégants. Rien de plus beau qu’une embarcation toutes voiles dehors. Rien de plus beau que ce spectacle d’un planeur semblant si frêle évoluant à travers ces sommets de roches dénudées.

C’est sur l’aire de camping-cars de Font d’Urle que nous avons rencontré un couple de promeneurs de la région, tous deux nés en 1935 et avec qui nous avons évoqué la période de la guerre 39-45 pendant laquelle ils étaient enfants. C’est avec beaucoup d’émotions qu’ils nous ont relaté cette période de privations de toutes sortes, des coupons alimentaires et des restrictions imposées par l’occupant. Une période qu’ils ont beaucoup de difficultés à se remémorer, mais dont ils sont la dernière génération à pouvoir évoquer de vive voix.

Pour nous, nord-américains, prendre contact avec ces réalités est quelque peu choquant. Lire ces événements dans des récits historiques et même romancés ne peut faire poindre le même sentiment que celui d’être sur les lieux des événements et de rencontrer des personnes qui en ont été témoins. Même si les événements récents et en cours à travers le monde peuvent paraître décourageants, il est primordial de se rappeler ce que la folie des hommes a pu faire dans un passé récent, de manière à nous guider et à guider les jeunes générations dans les choix politiques que nous devons faire. Les dangers de l’ignorance, du populisme et du fanatisme sont à nos portes. La concentration de la richesse engendre nécessairement les injustices sociales. La porte est ouverte aux messies et autres futurs dictateurs. Souhaitons que l’histoire ne se répète pas.

Camping-car


Le village de Vassieux-en-Vercors met à disposition des campings-caristes une aire de camping-cars avec tous les services à 100 mètres de son centre.

Une seconde aire est située à 10 kilomètres à proximité de la station de ski de Font d’Urle (1500 mètres), très pratique comme camp de base pour des randonnées en alpage.

jeudi 5 octobre 2017

Le Mont Blanc - une leçon d’écologie et d’humilité

Suite à notre décision de ne pas nous rendre en Grèce par la route au cours de l’été 2017  en raison de la canicule persistante, notre itinéraire a évolué en fonction de la météo. La chaleur se faisant de plus en plus accablante, nous nous sommes dirigés vers les Alpes, côté Italie puis France afin de bénéficier de la fraîcheur de l’altitude. Nous vous livrons quelques impressions de voyage, parfois depuis l’Italie, parfois depuis la France.


Chamonix


En août, la station de montagne de Chamonix en Haute-Savoie nous a accueillies sur son immense stationnement, doté d’un point d’eau et de vidange, situé à distance de marche du village. Bien sûr, le village ne ressemble plus plus aux images de la fin de XIXe et du début du XXe que l’on trouve dans les boutiques de souvenirs. La montagne est toujours présente, les amateurs de grimpe également. Bien sûr, les compagnies de guides accrédités ont leur bureau bien en vue. Il existe ainsi toujours une atmosphère de camaraderie, de défi et d’aventure liés à l’alpinisme en haute montagne. 

Durant notre séjour, nous avons participé à deux activités principales qui nous ont laissé un souvenir et surtout une leçon bien vivante des conséquences du réchauffement de la planète sur la nature environnante.

La mer de Glace



C’est à 1913 mètres que le train à crémaillère nous a déposés au pied de ce qui fut qualifié de mer de Glace au XIXe siècle. De la plateforme dominant le glacier nous pouvons déjà constater que la mer de Glace a beaucoup disparu. Si au moment de la construction de la ligne ferroviaire les visiteurs pouvaient chausser leurs crampons et entreprendre l’escalade de l’immense bloc de neige et de glace. Il nous faudra descendre plus de 400 marches d’un escalier métallique pour rejoindre la base du glacier. Il est remarquable de suivre l’accélération de la fonte de celui-ci en lisant les plaquettes affichées sur la paroi qui vont de 1986 tout en haut de l’escalier, entassant par l’an 2000 en son milieu et l’accélération toujours croissante de la fonte sur les derniers paliers de 2012 à maintenant. Difficile de ne pas croire au réchauffement de la planète devant un tel spectacle!

Le glacier en 2017

Le glacier y a cent ans

L’aiguille du Midi



C’est en empruntant un téléphérique en deux paliers que nous atteignons la plateforme de l’aiguille du Midi à plus de 3800 mètres. Dès nos premiers efforts à cette hauteur, nous mesurons les effets de l’altitude sur nos poumons et ressentons un essoufflement anormal. Devant nous le Mont-Blanc à 4809 mètres et sous nos pieds, une épaisse couche de neige. La chance nous sourit, car le ciel est d’un bleu azur, sans nuages et sans vent. Il est 11 heures du matin et déjà le thermomètre nous indique plus de 3º C.. Plusieurs grimpeurs quittent la plateforme en direction des différents sommets environnants formant de longues processions, qui rapidement ressemblent dans le lointain à des défilés de fourmis marchant vers leur nid. Dès midi, le thermomètre atteint 8º C, nous sommes habillés pour affronter l’hiver québécois, mais le soleil nous réchauffe tellement qu’il faut rapidement enlever une couche de vêtement. La neige sans doute tombée il y a quelques jours sur la station commence à fondre et les gouttes d’eau envahissent les trottoirs de bois. Ça chauffe, même en altitude!




Découvertes, les éditions Guérin

Un peu plus haut, nous parlions de l’atmosphère d’aventure que nous avait inspirée la montagne à notre arrivée à Chamonix. Nous n’avons pas été les premiers bien évidemment. C’est au cours d’une de nos promenades dans le village que nous avons découvert la boutique des éditions Guérin fondées en 1995 par Michel Guérin et axées essentiellement sur la montagne et l’aventure. À la suite du décès de Michel Guérin, Frederik Paulsen, qui publie déjà des récits consacrés aux latitudes extrêmes, rachète les éditions Guérin, adopte la jaquette rouge caractéristique de Guérin et poursuit la mission de la maison d’édition. Allez voir le site de la maison d’édition (www.editionspaulsen.com) afin de constater la richesse des collections dont nous avons eu la chance de bouquiner sur place. Paulsen a même édité Alexandre Trudeau (En Chine, mai 2017), le frère de notre premier ministre.